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Le gendarme tue un soldat

Une unité militaire affirme contrôler l’armée malgache en pleine crise politique. Le président Rajoelina parle d’une tentative anticonstitutionnelle.

La tension monte à Antananarivo, entre protestations massives, divisions militaires et appels à l’unité.

À Madagascar, une unité de l’armée annonce avoir pris le contrôle militaire, alors que des manifestations secouent Antananarivo depuis septembre.

Ces militaires, rattachés au Capsat, refusent d’obéir aux ordres officiels et appellent les forces de sécurité à faire de même.

Dimanche, des milliers de citoyens et des soldats se sont réunis dans la capitale pour honorer les victimes des violences récentes.

Aucun communiqué n’a encore été publié par le haut commandement de l’armée sur la déclaration de prise de contrôle.

Le général Pikulas a été nommé chef d’état-major par cette unité dissidente, avec le soutien du ministre de la Défense.

Lors d’une prière collective, le colonel Randrianirina a déclaré que « le mal ne triomphera pas à Madagascar ».

Plusieurs figures de l’opposition, dont l’ex-président Ravalomanana, ont rejoint la cérémonie d’hommage aux victimes du mouvement.

En 2009 déjà, cette même unité Capsat s’était rebellée pour faire tomber l’ancien pouvoir et soutenir Rajoelina.

Samedi, elle annonçait son refus d’obéir à l’ordre de tirer sur les manifestants, dénonçant la répression policière.

Des soldats ont défilé dans la capitale, acclamés par la foule, appelant au départ du président Rajoelina.

Des affrontements ont eu lieu entre militaires et gendarmes devant une caserne de la capitale samedi soir.

Le président a dénoncé une tentative illégale de coup de force, contraire à la Constitution et aux principes démocratiques.

Dans un message, il a prôné le dialogue comme unique voie vers une résolution de la crise nationale actuelle.

Des gendarmes impliqués dans des violences ont reconnu des « excès » et appellent à l’unité avec les forces armées.

Le Sénat a annoncé la destitution de son président Richard Ravalomanana, un ancien général de la gendarmerie.

Le mouvement de contestation a commencé fin septembre, notamment porté par la jeunesse, en colère contre les pénuries d’eau et d’électricité.

Le nouveau premier ministre Zafisambo affirme que le gouvernement reste en place mais reste ouvert au dialogue avec toutes les forces.

Rajoelina, toujours présent dans le pays, continue à gérer les affaires de l’État, selon un communiqué officiel.

L’île Maurice a confirmé l’arrivée de deux proches de Rajoelina par avion privé, dont l’ancien premier ministre Ntsay.

L’Union africaine et l’Afrique du Sud appellent au calme et à un respect du processus démocratique à Madagascar.

Air France a suspendu ses vols vers Madagascar jusqu’à mardi, en raison de l’instabilité sécuritaire grandissante.

Depuis le début des manifestations, au moins 22 personnes ont été tuées et plus de cent blessées selon les Nations unies.

Le président conteste ces chiffres, affirmant que les morts sont des pilleurs et estimant le nombre de victimes à douze.

On a signalé hier samedi deux nouvelles morts et 26 blessés. C’est un soldat qu’un tir de gendarme a tué. Le colonel du Corps d’armée des Personnels et des Services Administratifs et Techniques, Michael Randrianirina, a livré l’info. Selon lui la police avait ouvert le feu, tuant l’un de ses soldats et blessant un journaliste

JULIEN BOUABRE

photo:dr

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