Présidentielle 2025 : Kuibiert rappelle les lignes rouges aux préfets

5 mois

Sous couvert de neutralité, la CEI active discrètement la chaîne administrative pour baliser un terrain électoral politiquement inflammable.


Kuibiert a appelé les préfets  à l’ordre, à la vigilance, et surtout à verrouiller le climat au nom de la paix

À vingt-deux jours d’un scrutin sous tension, la CEI convoque les préfets pour leur rappeler que la neutralité, ça s’organise.

Réunis à Yamoussoukro, les représentants de l’État écoutent Coulibaly-Kuibiert leur livrer les consignes d’un processus électoral ultra-sécurisé et hyper-cadré.

Le président de la Commission électorale indépendante demande une nouvelle fois aux préfets de veiller à l’application stricte des instructions centrales.

Ces instructions viennent des ministères techniques. Mais surtout d’une logique de verrouillage national, qu’on enveloppe dans un langage administratif bien rodé.

Officiellement, il s’agit de garantir l’égalité, l’ordre et la paix. Officieusement, de verrouiller les dérives, les imprévus, les opposants.

Pas de véhicules de l’État pour les candidats, pas d’uniformes dans les campagnes, pas d’autorité visible dans les réunions politiques.

La CEI rappelle les règles, mais surtout les lignes rouges. Pendant que les préfets prennent silencieusement acte, yeux rivés sur leurs carnets.

Dans cette mécanique bien huilée, la CEI ne se contente plus de réguler, elle mobilise, orchestre, anticipe tout débordement possible.

Le ministre Vagondo Diomandé vient ajouter sa couche de fermeté en déguisant le contrôle électoral sous les habits du dialogue national.

Il félicite la loyauté préfectorale, appelle à la vigilance citoyenne, mais glisse surtout que l’État doit surveiller les moindres frémissements.

On doit cartographier les zones à risque, les tensions étouffées, les leaders communautaires apprivoisés, les désinformateurs identifiés avant qu’ils n’agitent la rue.

À travers ce discours, l’État place ses sentinelles partout : dans les mairies, les mosquées, les quartiers, les marchés, les salons de coiffure.

Le ministre insiste : la paix est un bien commun à protéger — mais surtout un bouclier derrière lequel se cache le pouvoir.

Les préfets deviennent des capteurs d’alerte précoce, des diplomates discrets, des  arbitres invisibles des tensions locales.

L’élection n’a pas encore commencé que déjà, l’architecture du contrôle est posée, verrouillée, huilée, prête à absorber toute secousse.

La campagne débute officiellement le 10 octobre à minuit, mais l’atmosphère, elle, est déjà celle d’une bataille sous haute surveillance.

Cinq candidats sont en lice, on en a éliminés 2 avant même d’entrer dans l’arène, au nom du droit.

Alors que les affiches vont bientôt fleurir, l’État, lui, préfère les cordons de sécurité et les notes confidentielles sur les zones rouges.

La CEI veut une élection paisible ; le peuple, lui, aimerait une élection libre. Ces deux idées peuvent-elles encore cohabiter ?

FATEM CAMARA

photo:dr

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