Révélé au public par un premier album aux couleurs douces et sans engagement politique, Paul Madys n’imaginait pas que son parcours artistique le mènerait au rang de chanteur « catalogué ».
Il a suffi d’un titre — « Arrêtez, ne détruisez pas mon pays » — pour qu’on le colle à une posture patriotique. Pourtant, pour l’artiste, il s’agissait simplement de dire l’amour de sa terre.
Paul Madys n’a jamais cherché à faire de la politique. Son premier album, sorti dans un anonymat quasi total il y a plus d’une décennie, était une ode à la vie, aux émotions simples, aux réalités du quotidien.
Mais tout a changé le jour où il a sorti « Arrêtez, ne détruisez pas mon pays », une chanson à la fois cri du cœur et appel au sursaut collectif. Pour beaucoup, ce morceau est devenu un hymne patriotique. Pour d’autres, un point de rupture entre l’artiste neutre et l’homme engagé.
« Je n’ai jamais voulu faire de la politique », confie Paul Madys. « J’ai seulement chanté ce que je voyais. Mon pays souffrait. Est-ce un crime de le dire avec des notes et des mots ? »
Catalogué, parfois même caricaturé, Madys n’a jamais quitté le territoire. Là où d’autres partent chercher l’inspiration ou le succès ailleurs, lui reste. Il vit ici, écrit ici, compose ici. En 2012, il avait déjà surpris avec « Le Témoin », un titre fort où il posait un regard lucide sur la société. Entre fractures sociales, perte de repères et résilience populaire.
Treize ans plus tard, il revient avec un nouveau projet, un album dans la continuité de son message. Mais avec une touche plus musicale, plus dansante, plus universelle. Le style ce reggae enraciné dans les rythmes locaux, devient pour lui le véhicule d’un message apaisé mais toujours engagé.
« Je n’ai pas la prétention de changer le monde, mais je peux, avec mes chansons, éviter qu’il oublie », dit-il dans un sourire humble.
Avec ce nouvel album en préparation, Paul Madys prouve qu’il n’a pas dit son dernier mot. Toujours témoin, mais aussi acteur, il continue d’offrir une voix à ceux qui n’en ont pas. Et surtout, à rappeler que chanter son pays, ce n’est pas prendre parti. C’est simplement l’aimer.
HARON LESLIE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

