Après plus d’un an de disparition, deux journalistes réapparaissent. Leur enlèvement illustre les dérives autoritaires de la lutte antidjihadiste au Burkina Faso.
On a retrouvé deux journalistes portés disparus en vie cette semaine.
Adama Bayala avait mystérieusement disparu en juin 2024 après un rendez-vous à Ouagadougou. Sa libération intervient dans un climat tendu.
Sa famille affirme qu’il est affaibli physiquement, mais mentalement stable. Malgré une année d’isolement forcé sans communication extérieure possible.
L’armée burkinabè l’avait réquisitionné. sous prétexte de participation à la lutte contre les groupes armés.
Alain Traoré, célèbre pour ses chroniques critiques, soustrait de son domicile en juillet 2024. Sans explication officielle immédiate.
Sa voix dérangeait le pouvoir en place. Ses analyses satiriques dénonçant corruption, violences et dérives militaires autoritaires.
Son retour auprès de sa famille s’est fait discrètement. Dans un contexte de peur omniprésente chez les professionnels de l’information.
Depuis l’arrivée de la junte militaire, les arrestations ciblées de journalistes se sont multipliées.
Cette mesure masque une volonté politique de faire taire les opposants et les critiques du régime actuel.
Reporters sans frontières a salué les libérations mais demande la fin des détentions arbitraires et la libération immédiate des autres captifs.
Atiana Serge Oulon, directeur d’un média d’investigation, demeure introuvable depuis juin, après avoir publié une enquête sensible sur l’armée.
Il aurait mis au jour des détournements de fonds publics par un haut gradé militaire. Selon ses confrères et diverses ONG burkinabè.
RSF estime que le décret de réquisition ne devrait en aucun cas viser des journalistes n’ayant commis aucun crime ni faute.
On a également arrêté et envoyé de force sur le front, des membres de la société civile, critiques du pouvoir.
Même certains officiers de l’armée ont été accusés de conspirations, comme l’ex-chef de la gendarmerie arrêté pour tentative de déstabilisation.
Le climat actuel au Burkina Faso inquiète les observateurs internationaux. Ces derniers dénoncent une répression croissante contre toute voix dissidente.
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

