Laurent Gbagbo, par la voix de Me Habiba Touré, son porte-parole, est sorti de sa réserve. Et la tension s’apprête à monter d’un cran dans la cocotte-minute ivoirienne.
Le président du PPA-CI, après la réponse sèche de Me Blessy Chrysostome, avocat du PDCI-RDA, a refusé de parrainer la candidature d’Ahoua Don Mello. Uu celle de tout autre candidat à la présidentielle.
Non seulement, affirme-t-il pour désavouer cette initiative, « il n’a jamais soutenu, ni de près ni de loin, un prétendu plan de précaution ». Qu’a proposé son « ex-collaborateur ». Mais selon lui, « les candidats retenus du Conseil constitutionnel ne sont pas ceux investis des grands partis politiques du pays. »
Par conséquent, l’ancien chef de l’État engage une véritable épreuve de force contre « le régime RHDP. Avec à sa tête M. Alassane Ouattara, qui semble vouloir transformer la Côte d’Ivoire en un royaume personnel. La Constitution n’y est plus une boussole mais un obstacle à contourner. »
Ainsi, après Henri Konan Bédié qui déclarait en 2020 que « la candidature de Ouattara à un troisième mandat [était] ni légale ni légitime », lançant une désobéissance civile finalement avortée, Gbagbo monte, à son tour, au créneau.
Il réalise que sa prise de distance, il y a cinq ans alors qu’il était encore à Bruxelles, s’est révélée vaine. Sur soixante candidatures à la présidentielle, il a figuré, aux côtés de Tidjane Thiam et d’Affi N’Guessan. Parmi les 55 postulants dont les dossiers ont été invalidés par le Conseil constitutionnel.
Aussi, se mobilise-t-il désormais pour mener « des actions démocratiques et pacifiques » visant à faire échec à ce qu’il qualifie de « quatrième candidature anticonstitutionnelle » d’Alassane Ouattara.
Son ambition est claire : « garantir une alternance démocratique, préserver les libertés publiques et assurer la dignité du peuple ivoirien. »
Et le pays retient son souffle.
F. M. Bally

