Le 5 septembre 2024, Sory Diabaté quittait ce monde. Un an plus tard, ses proches, amis et collègues du football se souviennent d’un homme qui, sans bruit, a laissé une empreinte durable sur le sport ivoirien.
Son nom ne faisait pas la une des journaux tous les jours. Il n’était pas une star des plateaux télé ni une voix tapageuse dans les débats passionnés du football. Mais pour tous ceux qui ont approché de près la Fédération ivoirienne de football, la Ligue professionnelle ou même les clubs locaux, Sory Diabaté était une figure familière, solide, respectée.
Footballeur dans sa jeunesse à l’Asec Mimosas, il avait connu la passion du jeu avant d’en devenir un organisateur rigoureux. Longtemps secrétaire général sous Jacques Anouma, il avait gravi les échelons de la FIF jusqu’à devenir premier vice-président de 2011 à 2020, au côté de Sidy Diallo. Ensemble, ils ont traversé des années intenses, parfois difficiles, mais marquées par un engagement indiscutable pour la structuration du football local.
Il avait une vision : celle d’un football ivoirien organisé, professionnel, respecté à l’échelle continentale. Sory croyait en la force des clubs de proximité, en la nécessité d’une Ligue forte, en la formation des dirigeants comme levier d’évolution. Il n’était pas là pour briller, mais pour bâtir.
Lorsqu’il se lança en 2022 dans la course à la présidence de la FIF, face notamment à Didier Drogba, il le fit avec l’assurance tranquille de celui qui connaît les rouages, les défis, les urgences. Il ne gagna pas, mais sa campagne fut digne, argumentée, empreinte de respect pour l’institution.
Son décès, survenu le 5 septembre 2024 à Abidjan, a frappé de stupeur le milieu sportif.
Un an plus tard, sa ville natale, Bingerville, lui rend hommage à travers des prières, une célébration sportive et de nombreux témoignages de reconnaissance. Des anciens footballeurs, des dirigeants, des acteurs du football local s’unissent dans la mémoire d’un homme qui a tant donné.
Sory Diabaté fut aussi instructeur à la FIFA, un technicien reconnu, écouté au-delà des frontières. Dans un monde où la parole est souvent bruyante, la sienne était mesurée, mais ferme. Son expertise, il la partageait sans condescendance. Son humilité était sa marque de fabrique.
Hors du monde du sport, il fut banquier, entrepreneur, cadre d’entreprise. Il savait jongler entre les chiffres, les hommes, les projets. Cette polyvalence, il la mettait au service du football avec méthode et détermination.
En ce 5 septembre 2025, une pensée pieuse traverse les cœurs de ceux qui l’ont connu. À Bingerville, au Complexe sportif, anciens internationaux et anciens de l’ES Bingerville croiseront le ballon pour honorer sa mémoire.
Il n’a peut-être jamais été président de la Fédération, mais il fut un pilier, un bâtisseur, un artisan du quotidien. À l’heure où le football ivoirien continue sa mutation, il est juste de se rappeler que certains ont pavé le chemin, loin des projecteurs, mais avec une fidélité rare.
Sory Diabaté n’était pas un homme de bruit, mais un homme de structure. Pas un homme d’éclat, mais un homme d’impact.
DESIRE THEA
photo : dr
POUVOIRS MAGAZINE

