Portrait. Roselyne Abé, horizon finance

11 mois

De pharmacienne en devenir à stratège des marchés financiers, Roselyne Abé dirige EDC Investment Corporation avec une ambition qui dépasse les frontières régionales.

Rien ne prédestinait Roselyne Abé à diriger une des plus puissantes sociétés de gestion de l’espace UEMOA.

Jeune lycéenne à Abidjan, elle rêvait de pharmacie. C’est un proche, convaincu par ses capacités, qui la pousse vers l’économie.

Elle se laisse convaincre, bifurque vers la faculté d’économie, puis s’envole pour la France, spécialisée en finance et fiscalité internationale.

Aujourd’hui, elle pilote EDC Investment Corporation (EIC), la SGI du groupe Ecobank, bras armé financier sur plusieurs zones stratégiques africaines.

Son influence dépasse l’UEMOA : elle supervise également les marchés de capitaux pour la CEMAC, le Ghana et le Nigeria.

Avec vingt-deux ans d’expérience, dont dix-huit au sein d’Ecobank, elle s’est imposée comme une voix incontournable de la finance régionale.

Roselyne Abé n’est pas seulement technicienne : elle est aussi stratège, bâtisseuse, meneuse d’équipes, et porteuse d’une vision continentale.

Sous sa houlette, EDC connaît une accélération fulgurante, gagnant parts de marché et s’illustrant par des transactions records.

En 2020, EDC passe de la sixième à la troisième place en volume, doublant presque sa part de marché en un an.

La société reste numéro un en conservation d’actifs, avec plus de 1 074 milliards de FCFA sous gestion au dernier pointage.

En 2023, EDC décroche le prix « Innovative Deal of the Year » grâce à l’introduction éclair d’Orange CI à la BRVM.

Cette opération, bouclée en 48 heures pour un montant de 140 milliards FCFA, a marqué l’histoire du marché régional.

Roselyne Abé a orchestré les grandes IPOs des quinze dernières années, marquant chaque fois un virage pour la BRVM.

D’ETI en 2008 à Orange CI, en passant par la LNB et BIIC Bénin récemment, elle signe des deals structurants.

Ces introductions en bourse ne sont pas de simples levées : elles ouvrent l’accès du public au capital des grandes entreprises africaines.

Mais son combat dépasse la salle de marché : elle milite activement pour une finance plus inclusive, ouverte et populaire.

EDC mène des campagnes d’éducation financière, participe à des forums, et s’adresse directement aux petits épargnants pour les sensibiliser.

Son ambition : faire des citoyens des investisseurs, transformer l’épargne dormante en capital utile pour le développement économique.

Présidente de l’Association des SGI de l’UEMOA, elle pousse aussi pour plus de régulation, d’innovation et d’équité dans le secteur.

Elle est également une figure du leadership féminin en Afrique, multipliant les prises de parole et les actions de mentorat.

« Il faut briser les plafonds, prendre sa place, sans crainte », lançait-elle à des étudiantes lors du Women’s Finance Day.

Roselyne Abé n’est pas qu’un modèle de réussite : elle incarne une nouvelle manière de penser la finance africaine.

À l’intersection du capital, des politiques publiques et des besoins citoyens, elle transforme l’intermédiation en levier de transformation durable

JM AHOUSSY

photo:dr

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