Ignace Bessi à la jeunesse :  » Vous n’êtes pas la main armée des ambitions politiques »

11 mois

À deux mois de la présidentielle ivoirienne, le cardinal Bessi exhorte les jeunes à se détourner de la violence pour bâtir la paix.

Depuis Yamoussoukro, il tire la sonnette d’alarme. La jeunesse ne doit plus être instrument de guerre mais actrice d’amour.

Le cardinal Ignace Bessi, archevêque d’Abidjan, s’est adressé fermement à la jeunesse ivoirienne. C’était lors des Journées nationales de la jeunesse.

Depuis Yamoussoukro, il a lancé un appel fort contre la violence politique. Celle qui entoure trop souvent les élections en Côte d’Ivoire.

Il a exhorté les jeunes à rejeter les manipulations, à résister aux discours haineux. Et refuser catégoriquement toute tentation d’utiliser des armes.

« Un homme qui prend les armes contre un autre homme devient un monstre », a-t-il martelé, sous les applaudissements nourris des jeunes présents.

Pour le cardinal, les élections doivent cesser d’être synonymes de terreur, d’affrontements meurtriers et de rivalités déshumanisantes entre partis politiques opposés.

Il a invité les jeunes à devenir les véritables bâtisseurs d’une Côte d’Ivoire fraternelle, fondée sur la dignité humaine partagée.

« Aimez sans condition, sans discrimination, même quand les partis vous divisent, l’amour doit toujours l’emporter sur la haine », a-t-il déclaré.

Le prélat a rappelé que militants, adversaires ou opposants politiques ne doivent jamais être perçus comme des ennemis à éliminer.

Le message du cardinal s’inscrit dans une campagne initiée par l’Église pour une présidentielle apaisée et respectueuse de chaque citoyen.

Les évêques multiplient depuis des mois plaidoyers, déclarations et publications appelant à des élections exemptes de violence ou manipulation communautaire.

En plaçant la jeunesse au cœur de son discours, il reconnaît son rôle décisif dans la construction d’un avenir démocratique durable.

« Fuir la machette, c’est refuser de devenir complice de mort ; c’est choisir l’humanité au lieu de la monstruosité », a-t-il lancé.

« Un chrétien qui tue son frère trahit l’Évangile. La vraie foi se vit dans l’amour concret du prochain », a-t-il poursuivi.

Des jeunes venus de Bouaké, Yopougon, Agboville et même d’autres pays ouest-africains ont reçu ce message. Avec gravité et émotion.

Le cardinal les a appelés à devenir sentinelles de paix, artisans d’un nouveau modèle citoyen fondé sur la responsabilité et le dialogue.

« Aucune élection ne mérite qu’on y perde la vie. Rien ne justifie qu’on tue pour une idée politique », a-t-il dit.

La Côte d’Ivoire, que marque des traumatismes postélectoraux, ne peut plus se permettre de replonger dans la spirale du sang.

Le cardinal a insisté.« La jeunesse n’est pas la main armée des ambitions politiques, elle est le cœur vivant d’une nation pacifique ».

Son intervention marque un tournant spirituel et civique. Il s’agit d’un véritable appel à la conscience nationale collective.

Alors que le 25 octobre approche, cette parole forte s’impose comme une boussole morale face aux dérives possibles de la campagne.

En dernier recours, l’archevêque a conclu. « Refusez l’appel des armes, car l’arme détruit l’autre et vous détruit avec lui ».

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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