Frost, le retour du « Cabrel africain » : 25 ans d’exil

7 mois

Après 25 ans passés en Europe, le chanteur Frost revient au pays, chargé d’émotions et de souvenirs. Orphelin très jeune, élevé en orphelinat, il transforme la douleur en mélodies et célèbre, à travers ses textes, l’amour et la femme.

Comme un hommage éternel à celle qui lui a tant manqué.

Frost est de retour. Après un quart de siècle passé en Europe, l’auteur-compositeur qu’on surnomme parfois le « Cabrel africain » foule à nouveau la terre de ses origines. Un retour discret, presque intime, mais chargé d’histoire et d’émotion. Pour beaucoup, ce moment marque une renaissance artistique et humaine.

Né sur le sol ivoirien, Frost connaît très tôt la douleur de la perte. Il perd sa mère alors qu’il n’est encore qu’un enfant. Orphelin de mère, il est confié à un orphelinat, lieu de solitude mais aussi d’éveil. Là, au milieu d’enfants tout aussi brisés que lui, il apprend une chose essentielle : aimer ceux qu’on ne connaît pas. L’amour, il ne le trouve pas dans les liens du sang, mais dans les regards, les gestes, la tendresse partagée entre âmes blessées.

C’est dans ce contexte qu’il découvre la musique.

Une guitare cassée, un air fredonné, et Frost comprend que sa voix peut porter au-delà des murs de l’orphelinat. Très vite, il se distingue par la profondeur de ses textes et la douceur de ses mélodies.

En 1997, il sort son premier album Fontaine en or, un projet intime, poétique, porté par un besoin urgent de dire ce qu’il a vécu et ce qu’il ressent. Le disque rencontre un succès d’estime dans certains cercles d’amoureux de musique à texte. Notamment en France et en Belgique, où il se produit régulièrement.

Ses chansons tournent inlassablement autour de la femme. La femme aimée, désirée, idéalisée, mais aussi la femme-mère, celle qui console, qui porte, qui sauve. À travers chaque note, chaque mot, Frost semble rendre hommage à celle qui lui a tant manqué : sa mère. Ce n’est donc pas un hasard si plusieurs de ses fans voient en lui un chanteur thérapeute, dont la guitare panse les blessures invisibles.

Aujourd’hui, après 25 ans de concerts, d’errances artistiques et de silences habités, Frost revient au pays. Il ne revient pas seulement pour chanter, mais pour se reconnecter. Retrouver les lieux de son enfance, revoir les visages oubliés, comprendre ce qu’il reste de lui ici.

Ce retour, dit-il, n’est pas un adieu à l’Europe, mais une promesse à l’enfant qu’il était. Un enfant seul, qui rêvait de faire entendre sa voix au monde. Un homme debout, aujourd’hui, qui n’a jamais cessé de chanter l’amour, pour mieux guérir les absences.

HARON LESLIE

photo:dr

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