Daloa. 8 août 1966. Un homme naît. Un regard. Une vision. Une lumière dans l’objectif.
Dorris Kasco.
Précurseur. Photographe d’auteur avant que ça ne sonne bien. Cinéaste quand la pellicule tremblait encore.
Trente ans que son œil documente ce que d’autres préfèrent ignorer.
Les fous. Les oubliés. Les rues. Les douleurs. Les luttes muettes.
Il a cadré l’invisible.
L’a mis au mur. L’a projeté dans nos consciences. Comme un électrochoc visuel. Brut. Nécessaire.
Aujourd’hui, il a 59 ans.
Et pas une ride sur son engagement.
Au Musée Adama Toungara, il frappe encore.
Une série. Un titre : Dilogie.
Pas une exposition. Une confrontation. L’œil face au chaos du corps.
Le cancer, dit-il, ne se photographie pas.
Alors il le suggère.
Pixels. Formes. Silences. Et ce clair-obscur qui murmure l’urgence.
Pas une goutte de peinture.
Juste la matière de l’image poussée à son extrême.
Une abstraction concrète. Une violence douce.
Et dans ce flou précis, une vérité :
les silences rapprochent.
Les distances unissent.
Alors depuis le ventre de la nuit, Bouna, Oumar Yves ; à compter du dos du jour Abass Kajeem Momo Bomou Ted Ben
Franck Patrick Valérie Afiba Ousmane Quito Bruno Ciela Assandé Eftey Aziz André Michael Eric
Les bourgeons de Mermoz et d’ailleurs Montpellier aussi de l’ombre s’élèvent.
Chacun à sa manière. Chacun dans sa lumière.
Et dans un même souffle, ils te disent :
Suave anniversaire, Dorris.
Ton œuvre se propage. Elle germe. Elle s’imprime dans les rétines.
Kasco, c’est ça.
L’élégance dans la lutte.
La politique dans l’esthétique.
L’art comme une lame bien aiguisée.
Photographe citoyen ? Il sourit.
« Je m’en voudrais de ne pas être politique », dit-il.
Son art n’est pas décoratif.
Il est nécessaire.
Il est pour les autres.
Pour qu’on regarde mieux. Qu’on pense plus. Qu’on agisse.
Alors oui.
Aujourd’hui, 8 août 2025,
on célèbre un homme debout.
Un regard libre.
Un photographe libre.
Créateur libre.
Bonne anniversaire, Dorris Kasco.
Que la lumière continue de se battre à travers toi.
AK
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

