Dans une déclaration sans détour, Ahoua Don Mello revient sur ses désaccords profonds avec le fonctionnement actuel du PPA-CI.
Ancien compagnon de route de Laurent Gbagbo, il défend une vision plurielle de la gauche, critique le culte de la personnalité, et alerte sur les risques électoraux liés à l’inaction stratégique. Un appel à la responsabilité, dans un contexte politique qu’il juge critique.
Depuis quarante ans, c’est une idéologie partagée qui me relie profondément à Laurent Gbagbo, malgré les différences de parcours personnels.
J’ai toujours voulu sortir du culte de la personnalité, pour faire évoluer la gauche vers une culture politique plus plurielle.
Le FPI a longtemps servi de laboratoire à cette ambition, en rompant avec la pensée unique dominante des années passées.
Ce que j’ai combattu hier au sein du parti unique, je le retrouve aujourd’hui dans le fonctionnement du PPA-CI.
J’estime ne pas avoir encore eu une vraie rencontre politique avec Laurent Gbagbo, que je connais pourtant intimement.
Les militants découvriront la vérité petit à petit, car l’histoire est toujours plus forte que les discours d’appareil fermés.
J’ai simplement voulu joindre l’acte à la parole, face à un contexte national et international exigeant lucidité et responsabilité.
En tant que vice-président exécutif, je ne suis pas un homme à mentir ni à me contenter de faux-semblants.
Gbagbo et moi avons eu depuis longtemps des discussions de dix-huit heures à six heures du matin, pour harmoniser nos divergences profondes.
La gauche a pour caractéristique d’être toujours plurielle, traversée par des courants, des confrontations et parfois des luttes internes.
Il y a eu des périodes de débats internes houleux, parfois clandestins, toujours nécessaires pour faire vivre notre mouvement.
J’ai proposé d’ouvrir le jeu interne avec plusieurs candidatures de précaution, comme un entraîneur aligne ses joueurs de réserve.
La politique de la chaise vide est dangereuse, car elle appauvrit le parti et affaiblit sa base électorale.
Elle vide aussi le débat intellectuel, éloigne les sympathisants et rend l’organisation vulnérable dans la bataille politique nationale actuelle.
En 2025, si nous reproduisons les mêmes erreurs, nous garantirons mécaniquement la victoire du RHDP dès le premier tour.
Un stock important de militants et sympathisants n’a même pas pris la peine de s’inscrire sur les listes électorales.
Cela prouve notre recul stratégique : l’absence d’initiative affaiblit nos chances, même face à un adversaire usé et contesté.
Je prends donc mes responsabilités, car l’heure est grave, et l’avenir de notre camp ne doit pas être sacrifié.
Propos retranscrits par
FATEM DIARRA, stagiaire
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

