À Adiaké, le PPA-CI a officiellement lancé la collecte de parrainages pour la candidature de Laurent Gbagbo en 2025.
Un processus balisé par la CEI, mais qui soulève des interrogations : ambition réelle ou retour anachronique d’un homme politique figé dans ses combats du passé ?
Le samedi 19 juillet 2025, le PPA-CI a entamé à Adiaké sa quête de parrainages pour Laurent Gbagbo.
L’opération, menée dans un quartier résidentiel, a rassemblé une petite foule autour d’un discours soigneusement rodé par les cadres.
Aman Kadio, présenté comme collecteur régional, a réaffirmé l’intention du parti de faire valider la candidature d’un ancien président.
Ce dernier, bien que toujours influent, tente de mobiliser des électeurs dans un contexte politique entièrement transformé depuis 2011.
Pour franchir l’étape légale, le parti doit recueillir 1 % des électeurs dans 17 régions administratives, selon les règles électorales.
Dans le Sud-Comoé, qui compte environ 280 000 inscrits, le parti vise 3 000 signatures jugées nécessaires pour contribuer au total.
Deux méthodes ont été prévues : la collecte manuelle sur support papier ou l’usage d’une application mobile pour une saisie numérique.
La méthode numérique, bien que rapide, reste fragile, notamment dans les zones rurales aux connexions Internet peu fiables ou inexistantes.
Ce lancement, hautement symbolique, pourrait davantage ressembler à une tentative de légitimation qu’à une réelle dynamique électorale.
Le choix d’un domicile privé plutôt qu’un lieu public traduit un entre-soi assumé et une forme d’évitement des regards critiques.
La stratégie du PPA-CI repose surtout sur la mobilisation militante classique, sans innovation majeure ni offre politique renouvelée.
Gbagbo semble vouloir s’imposer comme recours, mais ses discours passés peinent à répondre aux préoccupations sociales actuelles.
Le PPA-CI transforme cette étape en mobilisation nationale, pourtant sans garanties que la base populaire adhère encore à ce projet.
Cette campagne de terrain pourrait aussi révéler les limites d’un leadership basé sur l’histoire, plutôt qu’une vision d’avenir.
Dans un paysage politique saturé, le retour d’anciennes figures interroge sur l’alternance véritable et l’épuisement des élites historiques.
La démarche du parti s’apparente davantage à un baroud d’honneur qu’à une rupture structurée avec l’ordre politique établi.
JULIEN BOUABRE
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

