Un président calme, un Premier ministre en colère. Derrière les sourires officiels, une fracture politique secoue le pouvoir sénégalais tout neuf.
Sonko ne cache plus son agacement. Il se sent seul, visé, exposé. Demande du soutien, il demande du respect.
« Il manque d’autorité », lâche-t-il devant son parti. C’est direct, c’est lourd. Les mots ne s’oublient pas à ce niveau.
Bassirou Diomaye Faye reste calme. Il nie tout conflit. Il parle de fraternité, de solutions, de priorités pour les Sénégalais.
Mais le climat politique se tend. Deux hommes unis par la lutte semblent désormais divisés par l’exercice du pouvoir.
Ils ont combattu ensemble, connu la prison, défié Macky Sall. Aujourd’hui, c’est le réel qui les sépare, pas les ennemis.
Ousmane Sonko, Premier ministre depuis avril, sent que le pouvoir lui échappe.
Il parle, il frappe fort, il secoue le cadre.
Faye, président depuis mars, garde la ligne. Il refuse de répondre à la provocation, il défend l’image d’unité gouvernementale.
Mais le peuple voit clair. Il entend les mots, ressent la tension, redoute une cassure au sommet du pouvoir.
Pendant ce temps, le pays vacille. Les promesses sont grandes, mais l’État hérité est fragile, rongé, en panne de souffle.
Faye reçoit un rapport de réforme politique. Il parle de démocratie, de comités, de changements profonds, de cap nouveau.
Des partis boycottent la concertation. Le passé revient en force, les rancunes anciennes freinent la marche vers une politique plus saine.
Parrainage, opposition, Cour constitutionnelle : des chantiers lourds, mais le débat s’efface derrière le duel Faye – Sonko.
La scène politique s’électrise. L’ambiguïté devient stratégie, la stratégie devient tension, la tension devient crise contenue.
Le duo devenu rival sera-t-il capable de gouverner ensemble ? Le pays attend des actes, pas des déclarations feutrées.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

