Bobi, 1968. Quelque part entre poussière et collines, naît un enfant nommé Sidiki. Papier en main, école en jambes : Man, Odienné, et puis les Lettres, à Abidjan.
Là, il grogne avec les autres. FESCI, 1990, une fédération surgit, lui au cœur, le poing levé, slogans à la bouche.
Puis l’Allemagne, Frankfort ? Oui, peut-être. Il y cueille des mots allemands, presse attachée, science politique entre deux trains.
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Boum. La Côte d’Ivoire fend, se casse en deux. Un ami, Soro, lui souffle : viens. Il vient. Porte-voix d’un groupe de l’ombre, les Forces nouvelles. Cabinet par-ci, conseiller par-là, accords de paix marmonnés dans la nuit. Les noms changent, les habits aussi. Toujours là. Résistant politique ou diplomate en costume, ça dépend des jours.
Ministère ? Oui. Artisanat, tourisme, petites mains, grands gestes. 2007. Puis 2010. Puis reconduit, puis dissous, puis re-nommé. Un tour de chaise musicale au goût de crise.
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Le gouvernement respire à nouveau, Sidiki s’y glisse encore. Ministre, PME, artisanat, slogans. Et puis un jour : plus ministre. Silence. Mais toujours là, dit-il. Toujours prêt, toujours fidèle.
Depuis 2014, secrétaire quelque chose. Syndicats, société civile, grands mots aux contours flous. Marié. Deux enfants. Des opinions sur lui ? Ça dépend de qui parle. Exemple ou non, c’est selon.
Un 8 juillet encore. Un autre tour du soleil. Un nom, une figure, des routes multiples. Sidiki Konaté. Joyeux anniversaire, peut-être.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

