Ajuna: Toh Bi et Assalé Tiémoko ensemble pour quoi?

6 mois

Alliance AJUNA : Quand l’idéal politique s’organise en contre-pouvoir intellectuel face à une démocratie à rebours

Assalé Tiémoko et Vincent Toh Bi scellent un pacte. Loin des partis classiques, ils proposent une exigence démocratique sans compromis.

Ils refusent de courber l’échine, alors ils se rassemblent. Ce jeudi 26 juin 2025, à Abidjan, Vincent Toh Bi Irié, ex-préfet d’Abidjan, et Assalé Tiémoko Antoine, député-maire de Tiassalé, annoncent officiellement leur alliance politique. Son nom ? AJUNA – Alliance pour la Justice, la Nation et l’Alternance. Trois mots, trois piliers, pour une promesse politique inédite dans une Côte d’Ivoire fatiguée des manœuvres d’appareils et des discours formatés.

Ce n’est pas une coalition de partis, mais une jonction d’intellectuels exigeants et blessés. Tous deux ont mis un an et demi à construire ce pacte, fruit de rencontres, d’analyses, d’un travail d’orfèvre. Ils ne s’alignent pas, ils s’élèvent. Ils ne font pas que se présenter à la présidentielle d’octobre, ils posent une question majeure : “Quel est le vrai visage de notre démocratie ?”

Leur discours est clair, presque brutal. Ils ne veulent pas d’une démocratie “à rabais”, “tropicalisée”, “façonnée pour convenir aux médiocres promus”. Ils dénoncent la perversion du débat public, l’usage du parrainage comme outil de disqualification, la confiscation de la parole citoyenne.

“Ce n’est pas de l’idéalisme, c’est l’exigence normale de tout citoyen lucide”, lance Assalé.

Face à eux, une mécanique bien huilée : Adjoumani, Bictogo, Patrick Achi. Des noms qui incarnent, selon eux, l’acceptation cynique d’un ordre établi, où l’on appelle “réalisme” la résignation à l’inacceptable. Ni Assalé, ni Toh Bi ne veulent jouer ce jeu. Et ils ne sont pas seuls.

Paul-Hervé Agoubli, fondateur du mouvement « objectif République », fondé en mars 2022 rejoint cette grammaire de la rigueur morale. Même lecture, même colère froide. Ils abordent tous les mêmes nœuds : justice absente, corruption installée, parole confisquée. Pour eux, la démocratie n’est pas une faveur, c’est un droit, un cadre, une structure de garanties.

Mais attention : ce n’est pas une posture protestataire. C’est une offensive culturelle. Une refondation méthodique. Ils ont lu Rousseau, Diderot, parlent de République, de principes, pas de postes. Ils ont aussi écrit des livres. « J’ai vécu l’enfer de la Maca » Assalé Tiémoko. « Hamed Bakayoko, le Self Made Man » hommage biographique de Toh Bi dédié à son mentor.

“Ce qu’on ne fait pas mais qu’on devrait faire”, disent-ils. Le rêve devient moteur, pas chimère.

AJUNA n’est pas seulement une alliance politique. C’est un manifeste philosophico-moraliste, une plateforme de conscience, un sursaut que beaucoup d’Ivoiriens espéraient. Ils ne cherchent pas à séduire, ils veulent instruire. Dans les débats, ils ne crieront pas. Ils démontreront.

Et cela change tout. Cela oblige. Cela dérange. Car ce qu’ils incarnent, c’est la volonté d’un peuple fatigué d’être infantilisé. Ils ne prétendent pas incarner le peuple mais réveiller sa mémoire politique. Ce qu’ils réclament, ce n’est pas le pouvoir. C’est l’élévation du débat.

AJUNA prépare une campagne. Mais ce qu’ils lancent d’abord, c’est une alerte à la conscience. Une coalition de lucides dans un monde d’amnésiques. Un pacte d’honneur pour éviter le naufrage républicain.

ETHAN GNOGBO

photo:dr

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