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« Chocolat » : quand l’architecture africaine ose réapprendre le vivre-ensemble. Penser l’habitat autrement. C’est le pari audacieux relevé par Koffi & Diabaté avec leur projet résidentiel baptisé « Chocolat ».

Implanté sur une vaste parcelle d’environ un hectare, l’ensemble propose une vision radicalement différente du logement urbain contemporain.

Trente-deux habitations y dialoguent dans une composition maîtrisée, loin des logiques d’accumulation anarchique souvent observées à Abidjan.

Ici, la densité n’écrase pas. Elle organise, structure et invite à la rencontre plutôt qu’à l’isolement.

Les architectes ont conçu un dispositif spatial où chaque unité trouve sa place sans rompre l’équilibre collectif.

Ni cité fermée, ni juxtaposition d’individualités, « Chocolat » s’apparente à un tissu vivant, fait de proximités assumées.

Les cours communes deviennent le cœur battant du projet, véritables espaces de respiration et de sociabilité quotidienne.

On y circule librement, on s’y croise, on y partage des usages, dans une atmosphère pensée pour encourager l’échange.

Le choix esthétique est volontairement épuré, presque ascétique, refusant toute démonstration ostentatoire de richesse.

Cette sobriété revendiquée agit comme un manifeste architectural, recentrant l’habitat sur l’essentiel : vivre mieux, ensemble.

La nature occupe une place structurante, avec plus de la moitié du site dédié aux espaces végétalisés et aux éléments aquatiques.

L’eau, les arbres, les jardins composent une scénographie apaisante, offrant une véritable continuité entre bâti et environnement.

Les véhicules disparaissent sous terre, libérant les surfaces pour des usages humains et des pratiques collectives durables.

Cette décision transforme l’espace supérieur en territoire partagé, sécurisé et propice aux rencontres spontanées.

Pour Issa Diabaté, l’architecture devient un levier émotionnel, capable d’influencer comportements, relations et qualité de vie.

Chaque volume, chaque ouverture, chaque jeu de lumière participe à une expérience spatiale réfléchie et pérenne.

Le projet démontre qu’une surface modeste, intelligemment conçue, peut surpasser des espaces vastes mais mal pensés.

« Chocolat » refuse le carcan du logement standardisé, préférant une mixité douce et un urbanisme à taille humaine.

Ce modèle, pensé comme reproductible, esquisse une autre manière de fabriquer la ville africaine contemporaine.

Bien sûr, cette vision ne séduira pas les adeptes du repli individuel et de l’entre-soi absolu.

Car ici, l’architecture invite à voir l’autre, à composer avec lui, parfois à sortir de sa zone de confort.

Déjà distingué pour plusieurs réalisations majeures, le duo confirme une écriture architecturale engagée et cohérente.

Avec « Chocolat », Koffi & Diabaté livrent bien plus qu’un ensemble résidentiel : une proposition de société.

Une œuvre habitée, où construire devient un acte culturel, social et profondément humain.

AK

photo:dr
Pouvoirs Magazine

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