IJN: Qui est Israel Boka avec qui on a rendez-vous le 30 mai à l’Institut français?

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Israel Boka rendra hommage au batteur  américain Stephen Gadd, le 30 mai à l’institut français. Abijazz a certainement eu le nez creux.

Batteur ivoirien, il frappe par sa tenue soignée, son hygiène comportementale, son commerce de révérence envers les aînés. Mais aussi sa disponibilité.

Le parcours profondément ancré dans la tradition musicale et spirituelle africaine, Israël Boka incarne une nouvelle génération d’instrumentistes. Ceux qui allient virtuosité technique, conscience culturelle et ouverture stylistique.

Tout commence très tôt, à l’âge de 8 ans, quand il découvre les percussions dans les groupes d’église. Cet enracinement spirituel et communautaire devient la première école du rythme. Celle qui forge le sens du tempo, du groove, de l’écoute collective.

Très vite, il passe à la batterie, l’instrument qui va devenir son principal moyen d’expression.

Dans son panthéon personnel, trône une figure centrale : Papa Paco Séry , son père et sa légende. « Ehh ça c’est mon vié ».

Une référence autant affective que musicale. Au fil du temps, Israël élargit ses influences avec les plus grands noms du jazz mondial. Steve Gadd, Buddy Rich, Dave Weckl, Art Blakey, Brian Blade, figures emblématiques du jazz, du swing à la fusion. Ces noms traduisent sa formation éclectique, son goût pour les signatures rythmiques complexes et une musicalité sans frontières.

Israël Boka est aujourd’hui membre fondateur de JAIXI.

Un trio de jazz fusion expérimental aux côtés du claviériste Arnaud Koffi et du bassiste Isaac Badiel. Ensemble, ils construisent une musique libre, audacieuse, où la batterie devient un vecteur d’émotion autant qu’un moteur rythmique.

Si par exemple Isaac Kemo a su asseoir « Abidjan Groove » c’est du fait de leur générosité.

Le parcours de Boka l’a conduit à jouer avec certains des plus grands musiciens de jazz africain et à se produire sur les plus grands festivals du continent. Pour lui, ces rencontres artistiques sont aussi des moments fondateurs, des passages de témoin au cœur de l’identité musicale africaine contemporaine.

Dans le paysage des musiques actuelles ivoiriennes, Israël se réjouit du retour des formations live. Pour lui, les batteurs et percussionnistes reprennent leur place centrale, redevenant les véritables meneurs du rythme, garants du lien entre modernité et héritage.

Mais au-delà de la scène, c’est aussi la transmission qui l’anime. Il partage son savoir avec la jeunesse. Notamment à travers des masterclass gratuites pour les jeunes batteurs, prônant l’apprentissage intensif et précoce : « Accumule un maximum de connaissances pendant que tu es jeune, car ensuite, tu feras ta carrière avec tes acquis. »

Actuellement en studio pour son premier album solo, il prépare aussi un projet pédagogique ambitieux. Visant à faire entrer les rythmes ivoiriens dans les écoles françaises et belges, preuve de sa volonté d’internationaliser la richesse culturelle de la Côte d’Ivoire.

Son jeu, profondément marqué par l’Afrique, porte une dimension double : culturelle, par les rythmes traditionnels qui imprègnent son toucher, et spirituelle, portée par sa devise : « Le Saint-Esprit enseigne toute chose. »

Israël Boka n’est pas simplement un batteur : il est passeur de sons, bâtisseur de ponts, entre les générations, les styles et les continents.

A.K.

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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