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…Côte d’Ivoire devait avoir un cœur battant cette semaine, il palpiterait au rythme des pages ouvertes.

FRANCOIS NDA D’ASSISE, auteur de plus de 20 livres

Ce mardi 6 mai, le Salon International du Livre d’Abidjan (SILA) déploie de nouveau son encre et ses ailes au Parc des Expositions de Port-Bouët, pris d’assaut l’an dernier. Avec le scepticisme alentour et l’assurance affichée du commissaire général qui n’a « point tapé poteau ». Entendons échouer.  Du cocon étroit de la salle Christian Lattier, il s’est hissé vers un horizon plus vaste, à la mesure de ses ambitions et de son aura. La littérature, elle aussi, demande de l’espace – pour ses idées, ses luttes, ses peuples.

Pour cette 15e édition, le SILA célèbre les « Livres racines ». Racines des mots, racines du monde. À l’honneur :

Marguerite Abouet, plume libre et espiègle, a donné à Yopougon une héroïne, Aya. A l’Afrique, une voix dessinée.


Nin’wlou Ariel Ménélik de son vrai nom Lao Leonel Alex écrivain, poète-slameur ivoirien

Les 11 376 km² du Cavally, district des montagnes, chère à Anne Ouloto, rappellent que chaque région est un livre à écrire.

Invitées et à l’honneur également, les îles Caraïbes francophones, terres de mémoire, de créolité et de résistance, d’épices comme le piment abidjanais « sans bon ». L’ombre tutélaire d’Aimé Césaire croise la lumière vibrante d’une invitée de marque : Christiane Taubira.

L’ancienne Garde des Sceaux, plume flamboyante et voix inflexible des combats noirs, incarne ce dialogue nécessaire entre engagement et littérature.

la délégation des îles caraibes avec DANICAN CLAUDE ECRVAIN JOURNALISTE 2e à partir de la droite

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec plus de 120 000 visiteurs attendus, le SILA frôle désormais les géants comme Genève, Porte de Versailles ou Montréal. La Côte d’Ivoire lit, et elle le dit haut.

La proclamation des résultats des prix littéraires

Le retour du parrain, Ally Coulibaly, Grand Chancelier amoureux de culture, scelle la fidélité des bâtisseurs. Il n’est pas seul. Amadou Koné, président des maires, incarne cette volonté nouvelle : faire du livre un hôte des communes, un habitant des villages, une lumière dans les régions. Loin des cartables et des dictées, le livre descend dans la rue et entre dans les vies.

Et parce que planter un livre, c’est semer une conscience, les enfants plus de 60% du public ne seront pas oubliés.

Racines du savoir. Racines de l’âme. Pour Racines pour demain.

À Abidjan, le livre ne s’expose pas. Il s’enracine. Akwaba à tous!

ALEX KIPRE

photo:dr

POUVOIRS MAGAZINE

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