Dans la masse informe d´enseignants qui, vaillamment, arrachent la revalorisation de l´indemnité contributive de logement en 2018, il y a certes Pacome Attabi. Mais il y a aussi le discret Aimé Kotchi. Président du comité des jeunes de la Centrale Syndicale Espoir (C.S.E). Et coordonnateur national chargé des finances de la Coordination Nationale des Enseignants Solidaire du premier et second degré de Côte d´Ivoire (CES-CI). Adossé à une rigoureuse formation syndicale acquise en Afrique du sud. Et pour avoir été de toutes les luttes pour la dignité de l´enseignant, il est perçu dans le milieu syndical comme un redoutable empêcheur de tourner en rond. Alors que le débat sur la prime d´incitation réclamée par les enseignants semble s´enliser, il lance un avertissement.
Dans quel état d´esprit attendez-vous les résolutions des techniciens des finances de l´état sur la question des primes en faveur des personnels du MENA ?
Je voudrais vous remercier pour cette opportunité que m´offre Pouvoirs Magazine pour dire un mot sur l´actualité des enseignants.
Il m’importe par ailleurs préciser que je ne suis pas secrétaire général national d´un syndicat, mais syndicaliste. Je fais partie des communicateurs dédiés à la cause des enseignants ivoiriens. Pour en venir à votre question, sachez que nous sommes sereins et vigilants.
De bonnes nouvelles en perspective ?
De ce qui me revient, je pense que l´autorité a intérêt, pour la paix sociale, à être dans de bonnes dispositions et j´ai foi que l´injustice contre les enseignants de Cote d´Ivoire sur la question des primes sera réparée. Avant cette question des primes, il y a eu le combat pour l´indemnité forfaitaire contributive au logement que nous avons gagné, après la lutte de 2018 à 2020. Cette indemnité a même été étendu à tous les ministères dont les agents n´en bénéficiaient pas auparavant. Et on a gagné cette bataille au prix d´énormes sacrifices.
Quelle alternative avez-vous, si d´aventure le comité des experts ne va pas dans le sens que vous souhaitez ?
Retenez que ce dossier n´est plus au niveau du MENA. Parce que tout le gouvernement s´en est saisi déjà, et le front social est relativement calme. Et je pense que le gouvernement devrait œuvrer à la préservation de cette accalmie du front social. En la consolidant par des actes forts à l´endroit des travailleurs qu’un environnement économique de plus en plus insupportable éprouve suffisamment. Mais si d´aventure les choses se passent autrement, nos leaders sauront avisés avec responsabilité. Nous sommes à leur écoute.
La CES-CI est l´un des rares syndicats majeurs du secondaire investi dans cette lutte pour l´obtention de la prime d´incitation. Un choix qui rame à contre-courant de la trêve. Trêve signée il y a pratiquement deux ans de cela. Ne craignez vous pas le gourdin du pouvoir ?
Je ne suis pas qualifié pour parler au nom de la CES-CI, puisque je n´en suis pas le premier responsable. Cependant, je sais simplement que je milite dans un syndicat de lutte fortement attaché aux libertés publiques et à l´indépendance syndicale.
La CES-CI est affiliée à la Centrale syndicale Espoir (C.S.E) aux portes de laquelle de nombreux syndicats du public. Mais surtout du privé se bousculent. Qu´est ce qui justifie selon vous cet engouement ?
Là encore, je ne suis pas la voix la plus autorisée pour en parler. Mais personnellement et en tant que membre du comité exécutif de la confédération, je fais le constat d´une C.S.E qui avance bien. En posant des pas de géant tant au plan national qu´international.
Vous savez, j´appelle souvent cette centrale « Tieni Gbanani´´, en comparaison à ce personnage des contes de chez nous. Symbole de précocité. Elle est un véritable espoir pour aider les travailleurs et travailleuses de Côte d´Ivoire. Mais, c´est surtout, pour moi une école de formation pour le syndicalisme de haut niveau. C´est un privilège certain d´appartenir à cette école.
Interview réalisée par
ERICK FOFANA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

