Les Ivoiriens éprouvent un profond scepticisme envers leur personnel politique.
Un sentiment amplifié par les tensions internes au sein du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci). Le vieux clivage entre feu Henri Konan Bédié et ses opposants de l’époque, notamment Billon, KKB illustre ce malaise. Aujourd’hui un véritable bicéphalisme Thiam Billon qui suscite des inquiétudes à l’approche de l’élection présidentielle de 2025.
Les événements de 2010, où les électeurs avaient massivement voté dans l’espoir d’une paix durable, ont laissé des cicatrices. Beaucoup ont cru que leur vote serait synonyme de stabilité, mais la réalité a été bien différente, avec des conséquences tragiques et une instabilité persistante.
Aujourd’hui, alors que le pays se prépare à une nouvelle élection, un climat de crise semble se dessiner. Les Ivoiriens ressentent un besoin urgent de voir leurs dirigeants leur offrir des garanties de paix et de sécurité. Mais cette promesse paraît illusoire. Ce désenchantement est accentué par le fait que les électeurs, qui devraient être motivés à s’inscrire sur les listes électorales, sont au contraire très réticents.
Ils craignent que ces élections ne soient qu’une répétition des tragédies passées, alimentées par des rivalités politiques qui les dépassent.
Cette méfiance s’exacerbe d’autant plus que ces mêmes politiciens, qui demandent la confiance des citoyens, ne cessent de critiquer la Commission Électorale Indépendante (CEI). Ils la jugent peu fiable et manquant de crédibilité, ce qui ne fait qu’accroître le sentiment de désillusion parmi la population. Les Ivoiriens se sentent pris au piège dans un système où les promesses sont souvent dévoyées, et où la politique semble davantage axée sur les ambitions personnelles que sur le bien-être collectif.
Dans ce contexte, la perspective de la présidentielle de 2025 ne rassure pas les électeurs. Nombre d’entre eux expriment un profond malaise face à une classe politique qu’ils perçoivent comme déconnectée de leurs réalités quotidiennes. La confiance, élément essentiel d’une démocratie saine, semble avoir disparu, laissant place à un sentiment d’apathie et de désespoir. Les Ivoiriens aspirent à un changement, mais le chemin vers la réconciliation et la paix paraît semé d’embûches.
ETHAN GNOGBO
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

