Depuis trois jours, la plupart des établissements scolaires des grandes régions sont fermés, notamment dans le secondaire public.
Les taux de suivi sont alarmants, atteignant 80 % dans des chefs-lieux comme Divo, Daloa, Odienné, San-Pedro et Bouaflé. Les enseignants ont quitté les salles de classe pour réclamer des primes d’intéressement liées à leurs difficultés professionnelles.
La Fédération de l’enseignement, de la formation et de la recherche de Côte d’Ivoire (FEFR-CI) et l’intersyndical ont réussi à mobiliser leurs membres pour cette première journée de grève. Malgré les appels au calme des signataires de la trêve sociale, leur légitimité à représenter les fonctionnaires du secteur éducation-formation est mise à mal.
« Que faut-il encore pour prouver que nous avions raison ? Nous souhaitions des négociations inclusives, mais avons été exclus », déclare Pacôme Attabi, Premier Secrétaire général confédéral de la Centrale Espoir (C.S.E). Cette centrale, perçue comme l’instigatrice d’un regain de dynamisme syndical en Côte d’Ivoire, est active après une longue période d’inactivité.
Soro Mamadou, Gnogbo Paul, Zadi Gnagnan et Bli Blé ont-ils renforcé leur emprise sur la base pour plaire au pouvoir en quête d’alliés ?
Les spéculations sur leur nouveau train de vie alimentent le doute. Quelle légitimité peut avoir un dirigeant d’institution publique en période de crise ?
Un internaute a même comparé Gnogbo Paul à Pétain, une comparaison qui soulève des questions. Le pouvoir a-t-il mal choisi ses interlocuteurs ? Mariatou Koné, ministre de l’Éducation nationale, est visiblement déstabilisée. Les assurances données par les signataires de la trêve n’ont pas convaincu la base.
Au-delà des interlocuteurs, l’approche du pouvoir face aux revendications des enseignants est problématique. Le gouvernement semble privilégier les signataires de la trêve, pourtant critiqués par la majorité. Ces mêmes personnes occupent toujours le comité consultatif, une instance clé du dialogue social.
Pacôme Attabi souligne que les problèmes des fonctionnaires ne peuvent pas être réglés ainsi. « Le pouvoir d’achat s’érode, il faut agir sur l’Indice Référentiel de base (IRB) qui est stagnant depuis des décennies. »
En somme, les enseignants ont déchiré l’accord de trêve, seulement deux ans après sa reconduction. Des rumeurs de mécontentement circulent déjà dans les autres corps de la fonction publique.
ERIC FOFANA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

