Avec son Apéro littéraire tenu le 17 mai en début de soirée, le Goethe Institut n’a pas été en marge de la semaine du livre. Laquelle est marquée par la 14e édition du Salon international du livre d’Abidjan du 14 au 18 mai au Parc des expositions.
Le centre culturel allemand a organisé le vendredi 17 mai une session de son concept baptisé Apéro littéraire , dans la mouvance du Salon international du livre d’Abidjan qui avait cours. Au menu de ce concept très instruit de papotage littéraire : 4 livres. Mis en avant par quatre amateurs de livres issus de la société civile. Ces derniers s’inscriront fort bien dans vos connaissances générales de la littérature africaine et mondiale . Découvrons-les.
- « Elle, parmi ses souvenirs » de Tanella Boni

Professeure de lettres
C’est le dernier livre en date de Tanella Boni qu’a décidé présenté par Fatou Sy , dramaturge, finaliste en 2022 du Prix RFI-Théâtres. L’enseignante de Lettres voit dans ce récit autobiographique une victoire de la volonté féministe de réussite. En effet, Tanella Boni raconte son parcours professionnel et personnel à partir d’un de ses clichés de jeune fille. Elle narre l’état d’esprit de la gamine sur la photo, ses décisions, son courage, jusqu’à ce qu’elle devienne Prof Tanella Boni. Aussi poète, enseignante, femme de lettres respectée. C’est en parallèle une photo de ce que vivent les femmes en Afrique dans ce combat pour la reconnaissance de leurs droits. Le livre est publié chez La case des Lucioles.
- « Behold the dreamers » d’Imbolo Mbue
En français Voici venu les rêveurs, « Behold the dreamers » est le roman de la Camerounaise Imbolo Mbue qu’a présenté Tete Loeper à cet Apéro littéraire. L’auteure Rwando-Allemande a trouvé dans cette fable contemporaine une belle image de notre époque. Dans laquelle le désir d’émigrer se heurte le plus souvent à des réalités difficiles.
Immigrés noirs
Dans ce roman, Imbolo Mbue , à travers la vie de deux immigrés noirs à Harlem aux USA, brosse la vulnérabilité. Et aussi la sécurité liées à l’intégration des Africains au pays de l’oncle Sam. Mieux, c’est une satire lucide et éclairée du système financier international. Et de ses impacts socioéconomiques. Le livre recèle de vérités troublantes qui ne plairont pas à tous les rêveurs. Mais qu’à cela ne serve, il a le mérite de son écriture léchée, de son réalisme et surtout de son universalisme.
- « Bardot 18 » de Fidèle Goulyzia
C’est le choix de Jibril Amin plus connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Culture Noushi. Jibril , jeune qui n’a pas fait de grandes études, est le symbole de ce que la littérature transforme l’être. Amoureux de littérature, littérature africaine surtout, Jibril se démarque dans son milieu professionnel de Djassaman, les jeunes commencents ( téléphone, vêtements, ordinateur, chaussures etc) des marches d’Abidjan. Culture Noushi recommande ce roman de Fidèle Goulyzia pour le choc des cultures. Et l’acceptation des différences qu’il souligne. C’est l’histoire d’un étudiant ivoirien qui rencontre en France une jeune fille française que tout oppose. Lui adore la viande et tout ce qui participe de la cuisine africaine. Elle, elle est écolo, Vegan.
BARDOT
De ces différences d’être et de culture naît un amour. Comment quoi… Leur histoire les emmène à San Pedro, au quartier Bardot, plus grand bidonville d’Afrique de l’Ouest. Le couple va y créer un mouvement associatif pour des engagements militants. Ce livre explore également à travers ce couple mixte la relation ivoiro française, appréciée de multiples avis. Un livre émouvant à découvrir…
- « Black girl from Pyongyang » de Monica Macias
Ce livre autobiographique a été suggéré par Mossia Koffi, communicante créatrice de la plateforme littéraire Overbooked. C’est l’histoire de Monica Macias, fille de Francisco Macias Nguema , le premier président de la Guinée équatoriale. Ce dernier, sentant un coup se préparer contre son pouvoir, va mettre sa famille à l’abri à Cuba, les confiant à Fidel Castro. Après son assassinat, Monica se retrouve en Corée du Nord par la fibre politique communiste. La vie de cette noire africaine prend une nouvelle identité que Monica – qui a vécu une grande partie de son existence – questionne. Toute une histoire de politique, de sociologie et de d’idéalisme à feuilleter dans cet ouvrage qui n’est apparemment disponible qu’en version numérique. Une façon également pour l’apéro littéraire du centre culturel allemand de promouvoir tous les supports du livre.,,
Aaron Leslie
POUVOIRS MAGAZINE
