Portrait. Awaba Coulibaly. Classieuse

2 ans

Miss Côte d’Ivoire ! Elle est belle quand elle mesure entre 1,72 m et 1,80m. 1,80m, la taille-atout d’Olivia Yacé devant qui tout le monde s’extasie. Ou 1, 83m taille-inégalée et rêvée de Jennifer Yéo.

Elle mesure elle, 1, 85m.

C’est sa taille à celle qui n’en a jamais fait un atout. Bien au contraire. Elle en était gênée, enfant de devoir dominer tout le monde. De devoir accepter que regard, à chacun de ses passages, soit sur elle posé. Sans qu’elle n’ait à réagir.

Et Ba Awa ne disait mot. Si ! Quand elle-même. Elle parlait beaucoup. Discutait tout le temps avec pour interlocuteur principal, elle-même.

Ba Awa était une enfant très réservée, un tantinet taciturne, très sage qui ne savait pas faire de bêtise. En revanche, elle observait et notait tout en dedans d’elle. Au creux d’un journal intime dans lequel tout ce qu’elle eut ressenti, ce qu’elle aima, eut envie d’écrire, de confier se logeait. De la 6e à l’âge de la majorité. C’est la genèse de son écrire.

Très fine des traits, le regard sahélien, un teint à l’abri des cosmétiques pour migration épidermique, Awa était belle. L’est toujours. Le sait mais le tait. Préfère être bavarde en interne. Elle entretenait des rapports pacifiés avec ses parents qu’elle savait rassurer à coup de très bonnes notes scolaires qui rendent fat tout ascendant.

Puis vient l’heure de s’affranchir de l’adolescence pour devenir jeune fille presque dame.

De faux défauts

C’est la période où tout ce qu’elle a considéré comme défauts se métamorphose en atouts.

Aujourd’hui, mariée, Awa est toujours svelte et grande. Ce qui lui permet un plus grand choix vestimentaire, car de nombreux vêtements sont conçus pour mettre en valeur sa morphologie. Son apparence soignée influence positivement les opportunités professionnelles et les perceptions dans certains secteurs. D’ailleurs Sunu Assurance où elle exerce a dû la déboucher.

C’est qu’elle donne dans l’endurance et la performance au niveau de diverses activités quotidiennes et professionnelles.

D’autre part, Awa parle très peu et se donne du temps pour la réflexion et l’analyse. Elle pense plus profondément et analyse les situations avant de parler. Ce qui mène à des décisions plus réfléchies et judicieuses

Son manque de distractions verbales améliore la productivité et l’efficacité de cette jeune dame qui plait, le sait et le tait.

Son silence évite les situations de conflit et de malentendus. Et Awa baigne dans un environnement plus paisible et moins stressant.

Sa grosse capacité d’écoute renforce ses relations et améliore sa compréhension de l’autre.

Jusqu’à aujourd’hui, dans son milieu professionnel, la communication, la capacité de réfléchir avant de parler mène à des décisions plus prudentes et bien informées. Evitant ainsi des erreurs coûteuses.

Awa est concise et précise lorsqu’elle parle, ce qui rend sa communication plus claire et efficace.

Awa se contente, grâce à son indépendance émotionnelle, de sa propre compagnie. Et de ceux qu’elle aime.

De sa parole rare et son physique svelte elle peut en jouer maintenant qu’elle est Directrice de Communication du groupe Sunu. Et aussi écrivain auteure de trois livres pour lesquels elle a opté pour le nom de plume AWABA qui fait songer visuellement et phonétiquement à AKWABA.

Bienvenue dans l’univers scripturaire de l’aussi écrivaine.

Deux recueils de nouvelles et un roman à son actif. « Affres Hics d’aujourd’hui » paru en 2013 chez Nei Ceda. « Des femmes et des omelettes » qu’elle a voulu simple jusqu’au titre, sur conseil  et orientation de feu Biton Coulibaly.

Le troisième livre est un roman. La trame narrative de ce dernier s’est nourrie de l’expérience de  mannequin sur le T d’ici et d’ailleurs. Servie par sa taille, ses traits, ses déroutants silences bruyants, elle a arpenté tant de lieux célèbres dont Miami de 1998 à 2007. Elle a aimé se faire des relations, voir sans forcer des portes s’ouvrir dans le monde. Elle a aimé pour que puisse chanter des ex champs de coton, faire l’actrice, le temps de port d’une tenue. Et n’avait jamais omis d’écrire, après avoir observé. Tout.

« Crasse et paillettes » sorti des fabriques de Tabala est le résultat de cette expérience de mannequin. Elle en révèle les travers mais aussi de ce milieu, les beautés.

Beauté par exemple de la musique. Rien que pour que se fasse entendre le pape du slap, elle prend place à une table de séance. C’est au 22e de l’hôtel Ivoire. Assise sans mot dire, elle aura joué un rôle important pour le bouclage du concert de l’immense Marcus Miller à l’Ivoire. Elle défend des causes.

De/pour l’art sans être artiste ; pleinement dans la rigueur tout en se voulant d’un bon commerce. Sérieuse, elle sait plaisanter. Sérieuse mais mystérieuse. Accessible mais classieuse. Awaba force, sans du tout s’acharner, la singularité.

Evaluer cette singularité, la décrire et la jauger, en dévoiler les forces et faiblesses, suppose un retour en arrière.

A la fille Ba Awa, d’avant l’entrée en public.

Awaba épouse Coulibaly nait en Côte d’Ivoire. Enfant, elle lit et écrit beaucoup. Elle est très bonne élève. Etudiante, elle se rêve architecte. Le premier art c’est des maisons mais avant c’est aussi et d’abord certainement du dessin. La jeune fille n’est pas douée et se heurte à des blocages au Togo et en France. Qu’à cela ne tienne ! Elle opte pour la finance comptabilité. Obtient un Bts avant de découvrir que « ce n’est pas son truc ».  Elle n’aime pas mais continue. En pleine année de Diplôme d’études supérieures spécialisées (Dess) d’audit comptabilité au cours Pigier, elle assiste à une conférence. Qui porte sur la publicité. Tout d’un coup les yeux d’Awaba qui écoute religieusement s’illuminent de bonheur.

« Voici que je veux faire » se dit-elle. Nous sommes en 2001. Elle qui milite au Rotaract, dans des associations islamiques demande à Allah de la confirmer dans ses choix. C’est chose faite.  Tout de suite un stage chez McCann, une agence conseil et publicité. 3 mois plus tard, elle est conceptrice rédactrice d’affichage. La jeune dame va cuire son talent à l’Istc. Eburnéa communication l’engage et est satisfaite de sa recrue…

Puis c’est au tour de Voodoo, le 1er groupe de communication en Afrique subsaharienne de l’engager. Nous sommes en 2005 et Awaba y fait ses preuves de concepteur, rédacteur. Fabrice Sawegnon, le Directeur général réputé pour son appétit incontrôlable est satisfait qui lui confie la Direction d’un département création à Dakar. Au Sénégal dont elle originaire, Awaba dirige Voodoo. Nous sommes en 2009.

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Elle est manager général et gagne bien/mieux sa vie. Mais Awaba veut vivre sa vie pas la gagner bien ou mieux. La vie n’est pas un combat mais davantage un contrat de bonheur qui passe par les choses qu’on aime. Par les joies qu’on distille alentour. Alors la création, la conception, la matrice lui manque. En 2013, au bout de 4 ans, son pays la Côte d’Ivoire- comme dans l’hymne national- l’appelle. Sa ville, la publicité brute, lui fait de grands signes. La communication aussi.

Elle rentre.

Sunu Assurance, un annonceur la débauche pour en devenir la Directrice de communication, coordinatrice dans 17 pays.

Mais organisée, la directrice écrit toujours. Des livres. Elle trouve du temps pour sa passion.

Un jour, Awaba qui a gardé contact avec Fabrique Sawegnon, se voit proposer la co-écriture d’un film autobiographique de son ex patron. « Jusqu’au bout » porte le sceau co-scénaristique d’Awaba.

Elle a également écrit une série « Wara » commandée par TV5. Elle a écrit, elle écrit, elle écrira…. «C’est sa passion » laisse échapper son mari, M Coulibaly. Lui-même passionné des hauteurs. 1,85m ce n’est pas très  grand. Pour un basketteur ivoirien en effet.

ALEX KIPRE

POUVOIRS MAGAZINE

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