Théâtre : Rebecca Kompaoré, éclosion d’une comédienne

2 ans

La comédienne a présenté« Je suis à prendre ou à laisser » son dernier spectacle le samedi 4 mai au Goethe-Institut.

 

C’est une création lauréate 2024 du Fonds Art’venir du Goethe-Institut et dans laquelle elle fait jeu de tous bois. Dans une nouvelle peau de comédienne confirmée qui a tout à gagner…

Une scène réaménagée avec des commodités techniques au nec plus ultra comme se présente  la salle de spectacles du Goethe-Institut. Sous une douche de lumière feutrée, isolée, assise Rebecca Kompaoré se tient devant un micro.

Perruque Afro en coiffe, chemise fleurie, pantalon brillant, la comédienne entame son show par une très belle chanson. Les arrangements réussis invitent à un questionnement. Rebecca Kompaoré est-elle une chanteuse insoupçonnée ? La chanson en Baoulé affirme la résolution d’une jeune fille artiste à vivre son rêve. Tendres mélodies sur un idéal porté contre vents et marrées. Sur cette scène,  Rebecca Kompaoré prête ses traits et son jeu à Angela. Une jeune chanteuse au talent immense qui arpente le chemin du succès.

Mais le chemin du succès d’un(e)artiste étant très souvent pavé de compromission et renoncement à des principes. Angela y fait face par un dilemme. Ou elle accepte d’être produite par une major de l’industrie musicale. Et se plie à leurs standards,  (métamorphose physique, changement de look). Ou elle oublie ses rêves de gloire…

compromission dans le compromis

Ce sont ces questions de reniement de ses valeurs, d’acceptation de soi, de compromission dans le compromis, que posent « Je suis à prendre ou à laisser ».

La nouvelle pièce théâtrale défendue par la comédienne formée à l’INSAAC et promue par la Conpagnie Dumanlé. Écrite par la passionnée et militante Berekia Yergeau, auteure Haïtienne basée en Guyane, la pièce porte souffle. Puissamment poétique de liberté féminine, resitué par la comédienne Rebecca Kompaoré en action.

Sa formidable énergie et sa drôlerie caractéristique servent le jeu. Le conteur et metteur en scène Congolais Abdon Fortuné Koumbha signe la mise en scène. Elle est dynamique, singulière, spectaculaire et minimaliste. Rebecca Kompaoré séduit par cette capacité à se fondre aisément dans les différentes incarnations du jeu. Le spectateur est très facilement happé par la performance et la narration.  Charmé  par la puissance d’une voix, la résonance des paroles, la mélodie entêtante des bandes sons originales. Adolphe Yacé, les a concoctés.

one woman show » avec une image nouvelle

La pièce-  qui prend des allures de déclamations slamées à intervalles- est une plongée dans les sphères intimes de la personnalité.

La performance est remarquable, pour  Rebecca Kompaoré qui porte vaillamment pour la première, à elle seule cette pièce solo.

Peut-être parce que les thématiques de la pièce ont des résonances avec son vécu, la comédienne fait preuve d’une maitrise naturelle du jeu.

À l’évidence, la comédienne qui a du beaucoup bosser ses rôles affiche un niveau supérieur qu’on ne lui connaissait pas. Comme une évidence de son savoir-faire arrivé à maturité.

En tout cas, on ressort de ce « one woman show » avec une image nouvelle de la comédienne. Désormais parée pour incarner des rôles majeurs qui devraient s’offrir à elle.

L’audace, la nouveauté artistique, la résonance internationale du propos. De même que les critères recherchés à travers le Fonds Art’venir du Goethe-Institut (fonds de soutien à la jeune création inventive) ont tout leur sens à travers cette pièce.  Aimera-t-on ? Forcément.

 

HARON LESLIE

photo: dr

POUVOIRS MAGAZINE

 

 

 

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