Paco Séry, distingué Grand Prix du Jazz Sacem 2023

3 ans

Pour Joe Zawinul, le fondateur de Weather Report, Paco Séry, le petit bonhomme caché derrière sa batterie est le grand batteur de la planète Terre. C’est pareil pour Jaco Pastorius, pour Nina Simone, Marvin Gaye, Papa Wemba et la plupart des meilleurs musiciens et chanteurs.

Il n’ y a que ceux qui comprennent rien à la musique ou qui ne l’aiment pas ( et ils sont rares) qui peuvent ne pas apprécier ou être impressionnés par Paco Séry, le batteur ivoirien de classe mondiale qui répugne la triche.

Même s’il n’a rien à cirer (passez l’expression) des trophées et qu’il joue davantage pour se réconcilier avec le beau, le rythme et l’amour du son et du travail bien fait que pour bénéficier de la reconnaissance de ses pairs, Paco Séry vient avec son groupe Sixun créé en 1985 avec le bassiste Michel Alibo notamment, de décrocher un énième titre: le prestigieux grand prix jazz Sacem 2023

La reconnaissance du Jazz Sacem 2023 s’ajoute à une liste déjà impressionnante d’honneurs pour Paco, qui a remporté deux Grammy Awards, le premier en 1996 et le second en 2010 en tant que membre du Zawinul Syndicate. Leur album live exceptionnel « 75 » a mis en lumière sa virtuosité musicale exceptionnelle.

Outre son talent artistique, son humilité, son sens du partage, de la transmission, font que Paco demeure une boussole pour les musiciens en herbe et un symbole de la riche contribution de l’Afrique à la trame musicale mondiale.

Osons espérer que ce prix  et la façon dont l’artiste l’accueille fera réfléchir davantage la kyrielle de batteurs ivoiriens qui forment le vivier entretenu par Abijazz et révélé par Ivoir Jazz Night à Abidjan et que Mike Abé, Moise Lavry, Désiré Kouakou, Yann Bana, Happy, continueront de travailler et qu’en dépit des trophées éventuels qu’on leur souhaite restent modestes, humbles.

AK

POUVOIRS MAGAZINE  

OPINIONS

DU MEME SUJET

TRIBUNE : pour une culture accessible à tous, pas seulement aux plus riches

La volonté de professionnaliser le secteur du spectacle est légitime. Mais l’instauration

Bonifacio ouvre les frontières du son

À l’heure où les frontières occupent les débats, Bonifacio fait exactement l’inverse.