Opinion: des rues pour célébrer les nouveaux riches

3 ans

Ni noms de saints, ni Noms de commémoration, ni de personnalités historiques locales, l’arbitraire habite les choix qui contentent  les nouveaux riches. Visiblement

Rues, humeurs et noms. par TAM
Pierre Laoua Beugré, était payé 5000 fcfa le mois. Comme il n’a amassé ni or, ni argent et qu’il n’a pas laissé une immense villa, mal construite, décorée de pièces faussement d’art, il ne mérite pas. Il a juste été le premier instituteur de Côte d’Ivoire déjà à partir de 1912. Puis l’école ivoirienne qu’il investit en premier forme des millions d’Ivoiriens cadres et non cadres, travaillant ici et dans le monde.

Pierre Laoua Beugré, premier instituteur ivoirien

Aké Loba, dont l’œuvre littéraire sert de colonne vertébrale à toute une génération d’écoliers et d’étudiants, n’a pas n’ont plus le droit. Non, il ne créée ni buzz, ni choc social. Il ne se droguait pas, ni ne battait ses compagnes en pleine rue. Il a poussé son inadaptation à servir comme diplomate dans la plus grande discrétion. Il se paie même le luxe de ramener dans le pays d’Houphouët-Boigny, le Grand Prix littéraire d’Afrique noire et il le fait de bon matin puisqu’il en est le premier lauréat et cela seulement lorsque son pays a un an et tient à peine sur les Jambes. Nous sommes un frais matin de l’an 1961. Non lui ne mérite pas.
Elles encore moins. Elles sont femmes, chanteuses et en plus ont l’outrecuidance d’avoir été trop tôt victimes du fléau qui fait chaos aujourd’hui. Issues d’une aire ethnique hybride, les Ando, Madiara et Mariam unissent leurs voix mélodieuses pour tenir cette instabilité. Tant et si bien que c’est un grand homme de culture doublé d’état qui les révèle aux yeux de la nation. Le peuple bercé, qualifie sa joie et se laisse aller en métaphore.
Il les surnomme les Sœurs Comoé, en référence à ce fleuve qui diffuse fraicheur à l’âme et nourri le corps en poisson.  Devenues fleuves alors, leurs cours s’arrêtent car la vie ne les aime pas tranquilles.
S’arrête là cette belle carrière artistique promise. Les Sœurs Comoé laissent pourtant un héritage hautement prémonitoire, car avant de se réfugier dans leurs foyers respectifs à Adjamé Bracody, les filles Ngoran avaient déjà planté dans les têtes, les nécessaires piliers des ponts entre les hommes et les peuples. « Abidjan Pont Sou » leur titre le plus appris a eu des adeptes comme Alassane Ouattara, même si feu Henri Konan Bédié se retire à deux jours de l’inauguration du Pont à auban qui plombe dans les bras ouverts de la cathédrale Saint Paul du plateau. Donc non, elles ne méritent pas.
L’on aurait pu penser au « Poro », rite cultuel initiatique caractéristique du nord de la Cote d’Ivoire et bien ancré dans les mœurs. Dans le même ordre, notre culture foisonne de danses Zaouli, Goli ou Tématé, de chefs et guerriers exemplaires, de pagnes aux motifs qui rassemblent et s’affichent identitaires.
Et il semble aussi qu’il y ait quelques inventeurs qui auraient mérité.
L’écosystème qui nous est servi de cadre de vie, regorge d’espèces d’arbres, de plantes de toutes sortes et d’animaux aussi divers et variés que beaux.
Mais non, aucun des hommes et femmes, espèces naturelles ou culturelles cités plus ne méritent pas d’investir une rue de Côte d’Ivoire parce que justement méritants.
Alors que plus que nous les habitons, les rues nous habitent par la charge identitaire des noms qu’on leur fait porter.
Que cherche-t-on à travers Arafat, Bictogo, Kandia Kamara, Mangou Philippe, Zoe Bruno,  Didier Drogba, Youssouf Bakayoko, Gilbert Kafana etc dans les rues ?
par TAM
POUVOIRS MAGAZINE

OPINIONS

LA BLITZKRIEG TRUMPISTE

 « Pour rester libre, il faut qu’on vous craigne. Pour être craint, il faut être puissant. » Après douze jours d’embourbement en Iran, en

DU MEME SUJET

Diplomatie parlementaire : Camara et Bictogo à Paris jusqu’au 14 juillet

Du 9 au 14 juillet 2025, une délégation parlementaire ivoirienne, que conduit

Dr Emmou Sylvestre:  » Je suis le maire de Port-Bouet. Cissé Bacongo ne sait peut être pas mais… »

Le député-maire de Port-Bouët, Dr Emmou Sylvestre, a récemment interpellé le ministre