Quand on les recense, c’est à la pèle qu’on dénote les artistes originaires de Lakota qui ont apporté à la Côte d’Ivoire sa richesse culturelle
Le Lôh-Djiboua, en général, et Lakota, en particulier, reste un vivier de talents musicaux. Le plus connu est Lougah François, le Papa national, dépensier chanteur au succès continental, obsédé par son look vestimentaire, qui a fait ses débuts dans le 7e art en qualité d’acteur. Un mausolée a été édifié pour ce dernier pour services rendus à la nation ivoirienne et à l’Afrique tout entière. Mais il y a aussi la chanteuse Tina Dacoury, Lohoré Gnagra, le lead vocal de Sakoloh, qui nous a quittés le 9 juillet 2003, pour citer les défunts.


D’autres qui continuent la musique ont choisi de résider en France. Ce sont Andy Aby, le chanteur aux cheveux gominés; Barbara Akabla qui a fait un duo avec Yves Zogbo Junior sur le titre « Télé amie» et Diane Solo à qui l’on doit le tube « Wawayoulé »(1984), justement puisé dans le terroir et portant en voix les thèmes de l’absence, de l’attente de l’être aimé, à l’instar de Pénélope ou Winnie Mandela.

A la région du Lôh-Djiboua, nous devons aussi des danses traditionnelles. Le « zanwrada » que l’on danse les chevilles ceintes de grains appelés « Sakokua ». Et l’aloukou, exécutée un pagne noué autour de la poitrine, tirerait (la thèse est à consommer avec circonspection) son origine première de Lakota. Uniquement pratiquée par les femmes, cette danse de réjouissance est aussi exécutée pour accueillir une dépouille mortelle, à son entrée dans le village, l’escorter et la conduire au lieu indiqué.
Le quota d’artistes s’intensifie, pourvu qu’on veuille se souvenir que le plus grand sculpteur monumental de Côte d’Ivoire est Christian Lattier, lui-même fils du premier médecin ivoirien. Il a été lauréat du grand prix des arts nègres, en 1966, à Dakar. Distinction reçue des mains de l’écrivain français (La condition humaine), André Malraux, alors ministre de la Culture du Général de Gaulle, tombé sous le charme du créateur des « Trois âges de la Côte d’Ivoire », une pièce ayant
nécessité 4 km de fil de fer. Et de Djah Toty monsieur Cécé, le conteur qui a fait les beaux jours de la Rti.
POUVOIRS MAGAZINE
