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Rien ne sera possible sans défaire la Russie, c’est-à-dire la bouter hors du territoire ukrainien, seul moyen, selon eux, d’ébranler le régime de Vladimir Poutine.

Le président russe n’est plus, aux yeux des pays émergents, un interlocuteur valable, mais un criminel de guerre. S’ils refusent de choisir leur camp, les grands pays émergents cherchent, de leur côté, à s’interposer entre les Russes et les Occidentaux, du moins sur le terrain diplomatique.

A Hiroshima, aucun de leurs représentants présents, du premier ministre indien, Narendra Modi, au président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, n’a remis en cause ouvertement la contre-offensive. Tous appellent cependant à une solution négociée, afin de mettre un terme au plus vite à ce conflit européen dont les conséquences énergétiques ou alimentaires pèsent ailleurs dans le monde.

S’il prétend jouer les médiateurs, Lula a refusé, à la différence de M. Modi, de voir en tête à tête M. Zelensky. Il considère que ni lui ni M. Poutine « ne veulent la paix » pour le moment. La contre-offensive changera-t-elle les choses ? Si M. Zelensky fait du retrait des troupes russes une condition à tout accord de paix, personne ne sait comment M. Poutine réagira, même en cas de revers important de ses troupes. Fragilisé et isolé, il devrait faire l’objet de multiples pressions de la part de ses partenaires chinois, indien et brésilien du groupe des BRICS (qui, outre ces trois pays, désigne aussi la Russie et l’Afrique du Sud).

L’option diplomatique pourrait alors passer au premier plan lors des différentes réunions internationales annoncées dans les prochains mois – dont le sommet du G20 en Inde, en septembre, quelques semaines après celui des BRICS en Afrique du Sud. Au contraire, si la contre-offensive devait être laborieuse côté ukrainien, le maître du Kremlin se sentira conforté dans ses projets belliqueux.
La manœuvre diplomatique est donc, à ce jour, encore plus incertaine que la contre-offensive militaire.

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