Fijca: Yayoi Ikawa: « Je suis venue me donner entièrement aux Ivoiriens »

3 ans

Pianiste, compositrice de jazz, japonaise résidant à New York, Yayoi IKawa a atterri hier à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny où nous l’avons interviewée avant ses 4 concerts en Côte d’Ivoire.

Est-ce votre premier séjour en côte d’Ivoire? en Afrique?

En Afrique non, mais en Côte d’Ivoire c’est ma première visite, mon premier concert. Le mois passé j’étais au Bénin où j’ai rencontré deux talentueuses musiciennes béninoises. Mais j’ai déjà entendu dire qu’Abidjan était pleins de musiciens de bons niveaux.

Aviez vous entendu parler de la Côte d’Ivoire avant de fouler ce sol?

Oui à New York j’ai plusieurs amis et connaissances qui viennent de Côte d’Ivoire. J’ai rencontré un batteur de reggae ivoirien. J’ai déjà joué avec des musiciens ivoiriens.

Qu’avez-vous à offrir aux Ivoiriens?

Je suis venue leur offrir tout ce que j’ai, tout ce dont je dispose. Je suis venue avec mes deux patries, mes deux contrées New York et le Japon. Suis née au Japon, mais j’ai grandi à New York que j’aime beaucoup. Je donnerai 4 concerts si je me réfère au programme et 3 masters class. Mon cœur est ouvert je ne travaillerai pas à l’économie. Je me donnerai entièrement. Vous savez, quand j’allais à New York pour la première fois, je ne savais pas jouer du Jazz, je connaissais juste le piano mais je suis parvenu à jouer avec des Américains sans comprendre ni la langue, ni la grammaire du Jazz. Je ne pouvais donc pas communiquer. Mais grâce à la musique qui unit les peuples, fédère les âmes et gomme les différences, tout s’est bien passé et je suis là en Côte d’Ivoire pour me donner entièrement et je le dirais aux jeunes au cours des masters class

Croyez vous le jazz capable de rassembler les peuples?

Ouiiiiiiiiiiii! Je le crois fortement car le jazz est une conversation qui dit qu’on doit s’accepter les uns les autres, sans rejet. Si nous avons peur des différences, on ne pourra pas faire société. Le jazz fabrique la paix.

Quel thème invitez-vous votre piano à aborder généralement?

Je chante et joue la musique d’émotion, de la joie. Il m’arrive d’évoquer la tristesse, la trahison mais majoritairement je parle de joie

Comme lui, vous êtes du Japon sauf qu’il a choisi le sax et vous le piano, je vous laisse me parler de Sadao Watanabé

Oh Chic c’est super ça. Vous le connaissez?

Je sais sa musique

C’est chouette. Sadao je l’ai connu à New York, on m’en tellement parlé. Mais je ne l’ai jamais rencontré. Quand je suis arrivée aux Etats-Unis, il était retourné au Japon. Je ne l’ai pas rencontré mais nous sommes connectés lui & moi. Je suis ici en Côte d’Ivoire parce qu’il m’a devancé dans cet élan de partage qu’est le jazz. Je suis content de marcher dans ses pas. C’est une légende et j’essaie de marcher dans ses pas.

Interview par

ALEX KIPRE

POUVOIRS MAGAZINE

 

 

 

 

 

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