En Italie, il a parcouru du chemin au point de compter au nombre des plasticiens crédibles. Désormais Ivoiro-italien, il revient sur le sol qui l’a vu naître pour faire comprendre à ses compatriotes que le peinture nourrit, non pas son homme, mais autant d’hommes existant dans un pays.
La peinture n’a plus de secret pour lui, même s’il continue, à l’instar de tous les êtres humbles, d’apprendre. Il la sait désormais. Il sait aussi qu’elle peut rapporter gros. Elle peut extirper un pays pauvre, la Côte d’Ivoire donc, des griffes des budgets qui ne tombent pas nets, des quartiers précaires, du paludisme comme fatalité. « Il suffit de patrimoiniser des pièces ». Patrimoiniser. Dans l’entendement de Silué Joachim, peintre ivoirien résidant en Italie qui a tôt fait de lui donner la nationalité, c’est clair pourtant. Un pays qui a beaucoup de pièces de valeurs peut emprunter de l’argent parce qu’il est crédible. « Patrimoiniser » c’est stocker intelligemment les pièces de ses artistes ou celles des artistes originaires d’autres pays mais ayant une renommée internationale. « Un seul Kotobi Kami, ça vaut des milliards. Il n’y a qu’à voir le Joconde qui est hors de prix pour comprendre ».
Les toiles de Silué sont vendues en Italie à 10000 euros entendons 6 millions 500 milles. C’est le minimum, en Italie, la terre de Leonard de Vinci et de Mona Lisa, qui l’a adopté. Il est plasticien et elle le reconnait comme tel. Il l’y a appris la peinture à l’Académie des Beaux-arts de Bologne avec les maîtres les meilleurs. Giovanni Mundola, Severino Storti, Franco Marroco. Après sa formation classique, il recherche une écriture : la sienne. Instinctivement, il fait de l’art de récupération. Du Vohou vohou involontaire. Du vohou-vohou in et volontaire. Son écriture est à la mode, branchée et résolue. Fil, fer, clou, bois suffisent à récréer le monde. Balafon,
1=2, sont autant de mystères qui se laissent percer par leur sobriété. Et pourtant…
Rien ne le prédestinait à la peinture. Il nait le 6 juin 1972 à Adjamé, Abidjan. Originaire de Korhogo, Silue Joachim, après le Bac, se rend en Italie en 1992. Il y travaille pour subvenir aux besoins de la famille restée sur Abidjan et Korhogo qui se sont accrus en 1999, après les premiers pas de bruits de botte ivoiriens. Puis, l’art l’appelle cette même année pour traduire son mal être. 5 ans plus tard, il sort diplômé.
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