“Prime ADO”: les fonctionnaires en colère à cause du prélèvement de 3,33%

2 ans

Au bout de quelques heures d´une assemblée générale, pour le moins dirigiste, les faitières signataires de l’accord portant trêve sociale d´une durée de cinq ans, ont obtenu de leurs militants, le 8 octobre dernier, le quitus pour un prélèvement de 3,33% sur la bonification de fin d´année octroyée par le gouvernement, aux fonctionnaires et agents de l´état.

Cette bonification, il faut le rappeler, fait partie des mesures arrêtées par le gouvernement pour apporter des réponses aux revendications des travailleurs qui, en contrepartie ont dû, sous la houlette de certaines faitières, accepter de signer une trêve sociale, le 8 août de cette année.

C´est donc une sorte de ponction qui, à entendre les initiateurs, devrait servir à récompenser ces faitières pour leur investissement dans cette « victoire historique de la solidarité syndicale » selon les mots de Soro Mamadou, président de la centrale Humanité.

« Ce sont les responsables qui ont fait la proposition et les militants ont adhéré. Il s´agit maintenant de faire campagne pour faire adhérer tous les fonctionnaires au projet. Il n´y a que 19% des fonctionnaires qui sont syndiqués et, ce sont ceux-là qui sont précomptés pour faire vivre les syndicats. Les enseignants représentent 80% de ces syndiqués. Pourtant tout le monde bénéficie des retombées de la lutte. Il s´agit donc de faire participer tout le monde à la lutte syndicale par sa contribution financière. » Ainsi se justifie K.U. Membre du secrétariat général de la centrale Humanité.

De quoi faire sursauter Touré Mamadou, professeur de Français au lycée Houphouët Korhogo. En effet, dans un post publié sur sa page Facebook, il s´insurge. « Je ne blâme pas les syndicats pour leur existence, ni les syndicalistes pour leur engagement bénévole. C´est le modus operandi qui pose problème dans l´affaire du prélèvement, sans leur consentement, de 3,33% d´une prime annoncée. C´est l´attitude cavalière, peu respectueuse de leurs camarades, hautaines et anti-démocratique qui pose problème. C´est la proclamation d´une auto-récompense injurieuse qui pose problème ».

La plupart des fonctionnaires ne sont pas contents. Un courrier anonyme au vitriol datant du 14 octobre 2022, appelant à manifester devant la direction générale du trésor public d´Abidjan circule d´ailleurs sur les réseaux sociaux.

Face aux clameurs de mécontentements, la Coalition des Syndicats du Secteur public de Côte d´Ivoire (CSSP-CI) vient de convoquer une assemblée générale extraordinaire prévue se tenir le 3 novembre prochain, au baron de Yopougon. Pour Attabi Pacôme, Président de cette coalition qui s’est vue écartée des négociations ayant abouti à la signature de la trêve sociale avec le gouvernement Patrick Achi II, devant ce genres d´initiatives, « il doit veiller à protéger ses militants, en mettant au cœur des actions à venir leur point de vue ».

Court-on vers une crise entre les faitières syndicales et les travailleurs ? Dans tous les cas, ce projet de prélèvement qui a tout l´air d´un impôt de captation, a sévèrement altéré la symbiose.

E.L, Correspondance locale Pouvoirs Magazine

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