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Elle a d’Eve, le nom. Mais pas que. Elle aussi cette soif de connaissance, d’apprentissage qui a pu pousser son homonyme du livre saint à la consommation du fruit de l’arbre de la connaissance.

Le fruit interdit. S’interdit de pousser les hommes tentés, au péché. Comment? “En repoussant leurs avances. Quand je travaille, c’est le boulot. J’y suis à fond et je ne peux pas faire de mélange. On parle souvent de droit de cuissage, mais moi non”.

Eve Guéi Sandrine est riche d’une plastique que bouderaient les amateurs de poitrines fortes, chute de rein peu discrète, ballet fessier impressionnant et qui ferait par contre le bonheur des paumes d’occidentaux. Cela la rapproche favorablement de ses élèves avec qui le courant passe. Elle en joue, les manipule quand il faut, sait les prendre pour pote ou pour pot cassable et gagne ainsi le respect de ses étudiants de l’Insaac où elle a elle-même été étudiante.

Professeur d’art aujourd’hui,

elle a troqué la danse par quoi elle a commencé pour prêter son corps, sa voix, ses voix aux planches et au cinéma. Sa silhouette traine sur scène dans des monos, dans des pièces de théâtres, dans des films et sur Tik Tok où elle se fait très expressive.

Si son nom offre un faux air de la côte d’Adam, son visage lui offre un faux air de deux artistes. D’abord l’écrivaine Calixte Beyala. ça tombe bien, l’écriture pourrait la tenter pour un scénario, un livre. Calixte et aussi Whitney Houston avec qui elle partage le sourire charitable et le rire munificent.

Ca ne tombe pas mal. Sa sœur Sara Liz est déjà chanteuse. “Faut pas croire hein. Je ne m’interdis pas de chanter. Peut-être bien qu’un jour…” 

On la croit car, contrairement au lieu commun en art qui veut que les parents s’opposent au choix des enfants, Sara Liz et Eve Guéi ont bénéficié de la caution et la bénédiction des parents pour qu’elles s’autorisent tout.

La mère ayant vu sa fille haute comme trois pommes sur scène avait confié à son époux: “J’ai vu ta fille sur scène, je l’y sens épanouie. Si elle veut faire l’art, on ne s’y opposera pas. Elle sera heureuse”.

Des décennies plus tard, Eve Guéi est heureuse. L’essentiel est là.

A.K.

photo: dr

Pouvoirs Magazine

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