PDCI-PPA-CI : Cette alliance en questions

1 an

Dans la perspective des élections locales (municipales et régionales) à venir, le PDCI-RDA du Président Henri Konan Bédié et le PPA-CI du Président Laurent Gbagbo ont chacun lancé les appels internes de candidature à la candidature pour l’investiture officielle du parti.

Chacun y va de sa manière pour la sélection des candidatures solides et consensuelles entre les bases et la direction pour réduire au maximum les candidatures indépendantes de frustration . Début janvier, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire a officialisé sa Commission d’arbitrage des candidatures (CAC) censé, comme son nom l’indique, sélectionner les meilleurs profils de victoire dans toutes les circonscriptions où le Parti de Gbagbo ira en compétition.

De son côté, Henri Konan Bédié a nommé récemment les membres de la Commission de désignation des candidatures (CDC) composé d’un aréopage de membres influents du parti et réparti dans différentes régions électorales du pays. Manifestement, les deux partis en alliance désigneront chacun son candidat dans les circonscriptions et après se retrouveront autour d’une table pour les négociations dans le cadre de cette alliance . Et c’est là que les questions vont naître.

A l’heure actuelle, chaque camp a ses forces et ses faiblesses. Le PPA-CI ( ex FPIGor) a ses bastions naturels même si c’est pour le moment de la rhétorique pour le Parti qui revient dans le jeu électoral après une décennie d’absence. Dans ces bastions là très se trouve souvent un élu PDCI, par exemple. Quel candidature désigner alors comme tête de liste ?

Le PDCI qui veut ne veut point céder du terrain dans ses ses assises ou le PPA-CI qui veut regagner du terrain et démontrer qu’il pèse dans le jeu politique ? Questions… Que décideront les stratèges des deux camps également dans les circonscriptions où des poids lourds des deux camps sont amenés à s’opposer ? Par exemple à Port-Bouët pour les Municipales où se présentent Koné Katinan, porte-parole du PPA-CI et Dr Emmou Sylvestre, le très populaire député-maire PDCI ?

Ou encore à Daloa pour les Régionales où le jeune ambitieux Stephane Kipré, vice-président du PPA-CI fait face à Alphonse Djédjé Mady, cacique parmi les caciques du PDCI ? Les négociations s’annoncent houleuses, en perspective. Par contre, il y’a des circonscriptions où là tâche d’annonce facile. Par exemple dans les bastions des deux alliés où il faudra « déloger » l’élu RHDP ou indépendant sortant. Par exemple à Agboville, Yopougon, Daloa pour la mairie, Koumassi, Gagnoa, Bouaké, etc…

Ces élections locales qui s’annoncent cruciales dans la perspective de la présidentielle en 2025 donneront une indication de la viabilité ou non de l’alliance entre le PPA-CI et le PDCI. La présidentielle de 2025 justement sera l’étape fatidique pour les trois grands partis politiques du pays et leurs leaders. Du côté des alliés Gbagbo et Bédié, bien malin dira ce qu’il va se passer à leur niveau. A écouter en effet récemment le Président Bédié le 29 janvier à Daoukro lors de des vœux à lui présenter par son parti, il est clair que toute alliance à cette échéance ne devrait se faire qu’à condition que le Parti y gagne . « Toute alliance ou rapprochement, s’il doit y avoir, ne pourra se faire que dans l’intérêt de notre et de la Côte-d’Ivoire », posait le leader de 88 ans, sans doute en ayant tiré les leçons de son alliance passée déçue avec le RDR d’Alassane Ouattara.

En clair, il faut entendre ceci par cette affirmation de Bédié : « Oui à toute alliance, mais nous gagnant à tous les coups ».

Partant de là, on peut logiquement penser à une éventuelle alliance PDCI – PPA -CI pour la présidentielle 2025 avec le report de voix au second tour exclusivement en faveur du candidat PDCI qui lui assurerait la victoire ,d’une part; et d’autre part, dans le cas , en toute lucidité, où Gbagbo et son parti se jugeraient pas totalement prêts pour gagner , ils investissent le candidat du PDCI ( qui pourrait être Tidjane Thiam comme on l’entend dire dans ce cas figure).

Le PPA -CI pourra alors se partager le pouvoir avec son allié comme se fut le cas du défunt RDHP en 2011 avec le PDCI en son sein. Dans ces deux cas de figure , le PDCI et Bédié seraient totalement partants.

Eux qui, sur la base de leur première alliance déçue, ne veulent plus être les faiseurs de roi mais plutôt les rois faits. Qui vivra verra de quoi sera fait cette alliance entre les deux mastodontes de l’opposition.

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