Crise au Tchad / Yousra N’Diaye: “Ne nous trompons pas de combat”

2 ans

Directrice gouvernance économique du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep), l’écrivaine réagit face à la tempête qui guette son pays le Tchad

De quoi le Tchad est-il le visage?

Sur fond de motivations personnelles ou de manigances politiciennes, l’on nous a toujours présenté le Tchad, ou l’on a, plus exactement, moulé le visage de notre société pour qu’elle obéisse à une logique d’opposition entre 2 grands ensembles. Alors que l’existence même d’un “conflit Nord-Sud” est contestée par certains, l’on est aujourd’hui quasiment sommé de se revendiquer d’un “camp” ou de l’autre. Et nous sommes malheureusement nombreux à tomber dans ce piège. Aujourd’hui plus que jamais, nos actes individuels peuvent avoir de fâcheuses conséquences sur l’avenir de notre pays.

Que faut-il faire alors?

J’invite donc la population tchadienne, et notamment la jeunesse, au discernement et à la vigilance face aux marchands de haine. Et j’exhorte les hommes et les femmes politiques à la retenue et à la responsabilité. OUI, il existe aujourd’hui au Tchad un “super lobby” dont les membres utilisent leurs positions et fonctions avantageuses dans l’administration, les grandes institutions, le système judiciaire, le gouvernement, la présidence de la République, etc, à des fins personnelles.

Mais NON, ce “super lobby” n’a pas une seule couleur ethnique, politique ou confessionnelle. Car dans ce groupe d’influence on peut trouver aussi bien des personnes issues des rangs de la majorité que de l’opposition, des différentes communautés et des différentes religions. En tant que tchadiens, nous devons tous en chœur mettre en garde ceux qui veulent nous monter les uns contre les autres.

Qui sont vos ennemis?

Nos seuls ennemis sont l’injustice et l’inégalité. Unissons nos forces pour les bouter hors du Tchad. Nous exhortons le gouvernement de Transition à rester sur sa ligne du début de la transition où ses initiatives allaient surtout dans le sens d’un rapprochement avec le peuple.  La mise en place du numéro vert 116 pour écouter les souffrances des populations en est l’exemple le plus parlant.

 

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