L’enquête Dans la gueule du loup, que signent Thomas Rabino et Fabien Touati, révèle les mécanismes d’emprise.
De même que les défaillances qui permettent à des prédateurs d’exploiter de jeunes footballeurs.
En France, Éric Olhats, le formateur d’Antoine Griezmann est pointé du doigt.
En Afrique, plusieurs affaires retentissantes, notamment au Gabon et en RDC, alertent sur l’ampleur des abus. Et l’urgence de protéger les enfants derrière les rêves de gloire.
Des affaires documentées rappellent l’urgence de protéger les jeunes footballeurs contre les violences sexuelles.
Le football devrait ouvrir des horizons aux enfants. Jamais devenir un piège pour ceux qui rêvent d’une carrière professionnelle. Pourtant, la vulnérabilité des jeunes talents peut favoriser l’emprise d’adultes qui exploitent leur autorité, leurs ambitions et leur confiance.
Le Gabon a été confronté à cette réalité avec Patrick Assoumou Eyi, ancien sélectionneur des moins de 17 ans. En mars 2025, la FIFA l’a banni à vie après avoir établi sa culpabilité pour des abus sexuels répétés sur plusieurs joueurs.
En République démocratique du Congo, la Fifa a suspendu Jonathan Bukabakwa également pendant vingt ans en 2023 pour abus sexuels sur mineur. Pourtant, selon une enquête publiée en août 2026, il continuait d’encadrer de jeunes joueurs. Soulevant de graves interrogations sur l’application des sanctions.
Ces affaires ne permettent pas de condamner tout un milieu.
Mais elles interdisent de considérer ces violences comme des incidents isolés sans conséquences institutionnelles. Elles interrogent la surveillance des académies, le recrutement des encadreurs. Et les mécanismes permettant aux victimes de signaler les abus.
La peur de perdre une sélection, une bourse ou une chance de partir à l’étranger peut réduire les jeunes au silence. Face à des adultes influents, certains enfants craignent de compromettre leur avenir en dénonçant ceux qui prétendent pouvoir le construire.
Les fédérations, les clubs et les académies doivent donc instaurer des procédures de signalement confidentielles, des contrôles rigoureux et des sanctions effectives. En février 2026, la Confédération africaine de football a lancé un dispositif consacré à la protection des enfants et des personnes vulnérables.
Mais les textes ne suffisent pas. Leur application doit être vérifiable, et les victimes doivent pouvoir parler sans intimidation.
Aucun talent ne mérite d’être sacrifié pour préserver la réputation d’un club ou d’un entraîneur. Le football africain ne pourra défendre durablement ses rêves de grandeur qu’en garantissant aux enfants leur droit fondamental à la sécurité.
DESIRE THEA
POUVOIRS MAGAZINE

