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Bernard ANDRÉ : « La Côte d’Ivoire m’a tout donné, je lui dis merci avec Les Roulements de Mister K »

Installé en Côte d’Ivoire depuis 1998, Bernard a choisi la bande dessinée pour exprimer sa reconnaissance à son pays d’adoption.

Avec Mister K, dont le premier tome célèbre les tisserands ivoiriens, il veut transmettre aux jeunes la richesse de ce savoir-faire et soutenir les coopératives qui le préservent à travers tout le pays.

Interview

Pourquoi consacrer votre premier tome aux tisserands ivoiriens ?

Lors de mon premier séjour, en décembre 1996, j’ai découvert les artisans de Katia, près de Korhogo. Le filage du coton, le métier à tisser et la précision des gestes m’ont marqué. Trente ans plus tard, j’ai voulu remercier la Côte d’Ivoire pour ce qu’elle m’a apporté. Mettre en lumière ses tisserands était une manière naturelle de commencer.

Pourquoi raconter cette histoire maintenant ?

Je suis arrivé avec une valise, mon passeport et quelques économies. Ici, j’ai pu reconstruire ma vie et réaliser des projets. Mais les jeunes doivent connaître ce patrimoine. Une bande dessinée ne résoudra pas leurs difficultés ; elle peut éveiller leur curiosité et leur apprendre à voir l’histoire derrière un pagne.

Qui est Mister K ? Est-il une part de vous-même ?

Mister K, c’est Kpato, un jeune garçon ivoirien curieux, débrouillard et plein d’humour.

Il observe, questionne et apprend au fil de ses rencontres. Je lui transmets une part de ma curiosité, mais il possède sa propre personnalité. À travers lui, je souhaite donner aux lecteurs l’envie de découvrir leur pays et ceux qui font vivre ses traditions.

Quel message adressez-vous aux enfants, aux adultes et aux décideurs ?

La transmission du patrimoine relève d’abord de la responsabilité des adultes : parents, enseignants, professionnels du livre et institutions. Il faut apprendre aux enfants à respecter ces métiers. Mais on ne peut pas demander aux jeunes de rester au village au nom de la tradition sans leur offrir de perspectives. La fierté d’un métier doit permettre d’en vivre dignement. J’ai utilisé l’intelligence artificielle pour les illustrations, faute de moyens pour rémunérer des dessinateurs. L’écriture, la construction du récit et la direction artistique restent sous ma responsabilité.

Quelle suite pour Mister K et quel soutien aux tisserands ?

Le deuxième tome est terminé et le troisième est en préparation.

Chaque album racontera une histoire indépendante et toujours située en Côte d’Ivoire. Pour le premier, je me suis engagé à consacrer 50 % du bénéfice net des ventes, après déduction des frais d’impression et de distribution, aux différentes coopératives concernées. Les modalités seront définies avec leurs responsables, selon leurs besoins. Une comptabilité analytique permettra de rendre compte des sommes reversées. Cet engagement concerne uniquement le premier tome.

Avec Mister K, Bernard transforme sa gratitude envers la Côte d’Ivoire en une démarche de transmission et de solidarité. Il entend faire connaître les artisans, valoriser leur savoir-faire et soutenir ceux qui le perpétuent. Préserver un patrimoine, c’est aussi permettre à ceux qui le détiennent d’en vivre dignement.

Les Roulements de Mister K, de Bernard ANDRÉ, est disponible à la Librairie de France Groupe.

Pour découvrir l’univers de Mister K : misterk.ci

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