Mali, Burkina Faso, Nigeria… on marie les fillettes

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De la Gambie au Canada, les différences d’âge entre époux révèlent des réalités sociales contrastées, influencées par les traditions, les religions, la polygamie et les mariages précoces.

Le mariage demeure une institution majeure, dont les pratiques varient considérablement selon les cultures, les croyances et les réalités socioéconomiques.

Selon une étude du Pew Research Center portant sur 130 pays et territoires, les hommes sont généralement plus âgés que leurs épouses.

La Gambie présente l’écart le plus important, avec 14,5 années de différence moyenne entre conjoints, devant la Guinée et le Mali.

À l’inverse, les États-Unis et la Chine affichent des écarts de 2,2 ans, tandis que la République tchèque enregistre seulement deux années.

Ces différences apparaissent également lors du premier mariage, notamment en Érythrée, où les hommes épousent leurs partenaires huit années et demie plus tard.

En Guinée, en Gambie et en Mauritanie, les écarts demeurent également élevés, contrairement au Canada et à Singapour, où ils restent particulièrement faibles.

La religion constitue un autre facteur associé à ces différences.

Même si les traditions locales et les conditions sociales influencent également les comportements matrimoniaux.

Les données citées indiquent notamment des écarts moyens de 6,6 ans chez les musulmans, contre 3,8 ans chez les chrétiens.

La polygamie caractérise aussi certaines sociétés où les différences d’âge entre conjoints sont importantes, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Nigeria.

Cependant, ces observations ne suffisent pas à établir un lien causal direct entre polygamie et différence d’âge au mariage.

Une autre réalité préoccupante concerne les unions précoces, particulièrement en Afrique subsaharienne. De nombreuses filles s’y marient avant leur majorité.

Au Niger, 76 % des femmes âgées de vingt à vingt-quatre ans auraient été mariées avant dix-huit ans. Selon les chiffres présentés.

Ces mariages précoces limitent souvent l’accès des filles à l’éducation, fragilisent leur autonomie et renforcent certaines inégalités sociales persistantes.

En définitive, les écarts d’âge reflètent des normes matrimoniales diverses. Mais interrogent aussi la liberté individuelle et l’égalité entre femmes et hommes.

Comprendre ces réalités exige donc une analyse nuancée, attentive aux contextes culturels, sans négliger les droits fondamentaux ni l’émancipation des femmes.

Camus BOMISSO

POUVOIRS MAGAZINE

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