Le samedi 10 octobre 2026, Bohi, village natal du Colonel-Major Fofié Kouakou Martin, a vécu des heures de profonde émotion.
Sous les honneurs militaires, au milieu des sanglots de ses proches et des témoignages de reconnaissance, cet officier supérieur de 58 ans a été conduit à sa dernière demeure. Une cérémonie empreinte de solennité, avec la présence du ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani. Et une mobilisation exceptionnelle autour de la famille éplorée.
Bohi avait revêtu ses habits de deuil. Ce samedi 10 octobre 2026, le village natal du Colonel-Major Fofié Kouakou Martin n’a pas simplement accompagné l’un de ses fils à sa dernière demeure. Il a rendu hommage à un militaire qui aura consacré une grande partie de sa vie au service de la Côte d’Ivoire. Décédé le 9 août dernier, à l’âge de 58 ans, l’ancien commandant de la 2ᵉ Légion militaire de Daloa a reçu les honneurs dus à son rang. Le tout dans une atmosphère où la douleur s’est mêlée à la gratitude.
Autour de la famille du défunt se sont rassemblés des autorités administratives et politiques, des responsables militaires, des chefs traditionnels. Ainsi qu’une foule venue de plusieurs localités.
Notamment de Korhogo, de Daloa et d’Abidjan.
Parmi les personnalités présentes figurait le ministre d’État et conseiller spécial à la Présidence de la République, Kobenan Kouassi Adjoumani. Il était venu témoigner sa solidarité à la famille endeuillée.
Au-delà de sa présence, le ministre d’État a apporté une contribution de 3,7 millions de FCFA. L’objectif étant de soutenir les proches du disparu et contribuer à l’organisation des obsèques. Présent tout au long de la cérémonie, il a tenu à partager la peine des familles. De même que celle des populations mobilisées pour cet ultime hommage.
Dans un moment de recueillement, il a exprimé sa compassion en des termes empreints de simplicité et de fraternité. « Je voudrais une fois de plus m’associer à tous les chefs et dire “Yako” à chacun, “Yako” à tous. Merci, le pouvoir a contribué à enterrer mon frère dignement. Merci et merci. »
Ces paroles d’émotion, ont traduit la volonté de l’élu du Gontougo de prendre part à la douleur collective. Et la volonté de saluer la mémoire d’un homme dont la disparition touche profondément sa région d’origine.
Des honneurs militaires à la hauteur du sacrifice
La cérémonie funéraire a enregistré les honneurs militaires, la remise symbolique du drapeau national à la famille et les rites traditionnels du Gontougo. Autant de gestes solennels pour rappeler l’engagement d’un officier qui a consacré 34 années de sa vie au service de la nation.
Le général de division N’Guessan Koffi Alfred, représentant le chef d’état-major général des armées, a remis une contribution de 4,2 millions de FCFA. C’était au nom des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) et le montant était destiné à la famille du défunt. Notamment à ses épouses et à ses enfants, ainsi qu’aux autorités coutumières et au comité d’organisation.
Le ministre de la Santé, Pierre Dimba, a également manifesté sa solidarité à travers une contribution de 2 millions de FCFA.
Ces gestes ont illustré la mobilisation de plusieurs autorités autour de la famille Fofié. Dans cette épreuve, le soutien moral, matériel et institutionnel apporté aux siens a constitué un réconfort précieux.
La famille exprime sa reconnaissance
Les membres de la famille n’ont pas manqué de témoigner leur gratitude aux autorités qui les ont accompagnés depuis le décès du Colonel-Major.
« Depuis son rappel à Dieu, le 9 août, le Président de la République et toutes les autorités militaires n’ont cessé d’être à nos côtés. Et même le ministre d’État, le Vice-Premier Ministre, ils ont été là. Ils nous ont assistés moralement, financièrement, spirituellement. Toute la famille veut leur rendre honneur et leur exprimer sa gratitude parce qu’ils ont fait ce qu’il fallait, et cela nous va droit au cœur », a déclaré le porte-parole de la famille Fofié.
Au milieu de la douleur, ces mots ont exprimé le sentiment d’une famille qui, au-delà de la perte d’un être cher, a trouvé dans cette solidarité un soutien pour traverser l’épreuve.
À Korhogo, un homme apprécié au-delà de l’uniforme
L’un des témoignages les plus touchants est venu de Korhogo. Un car entier de femmes du secteur du vivrier a effectué le déplacement jusqu’à Bohi pour rendre un dernier hommage au défunt.
Loin des considérations liées à son grade ou à ses fonctions, ces femmes ont tenu à témoigner de la générosité d’un homme. Elles l’ont connu et apprécié pour ses gestes de solidarité.
« Vraiment, il était gentil avec nous à Korhogo. Il a fait un appartement pour nous à Korhogo, là-bas. Donc voilà pourquoi nous sommes venues jusqu’à Bohi. Notre association nous a envoyées dans notre car. Nous sommes venues pour assister à l’enterrement. “Yako” à la famille, “Yako” à sa femme ». A confié l’une des participantes.
Cette présence venue de loin a donné une dimension particulièrement humaine à l’hommage. Elle témoigne de liens qui dépassent le cadre militaire. Et rappelle que le Colonel-Major Fofié Kouakou Martin avait également noué des relations de proximité avec des personnes qui gardent de lui le souvenir d’un homme généreux.
Un dernier salut à un serviteur de la nation
Engagé dans l’armée en 1989, le Colonel-Major aura consacré 34 années de sa vie au service de la Côte d’Ivoire. De ses responsabilités à Daloa jusqu’à son retour sur la terre de ses ancêtres à Bohi, son parcours laisse un souvenir. Celui d’un officier dont la disparition suscite une vive émotion. Parmi ses proches, ses frères d’armes et les populations qui l’ont côtoyé.
À Bohi, les honneurs militaires, les témoignages et les gestes de solidarité ont accompagné son dernier voyage. Une cérémonie qui aura rappelé la place qu’occupent le sens du devoir, la fraternité dans la mémoire collective.
Le Colonel-Major Fofié Kouakou Martin s’en est allé. Mais les marques de reconnaissance exprimées à l’occasion de ses obsèques témoignent de l’empreinte qu’il laisse derrière lui.
Mon Colonel, reposez en paix.
CoolBee Ouattara
POUVOIRS MAGAZINE

