Bondo : Élisée Koffi au chevet de l’éducation et des enfants vulnérables

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Pour la rentrée scolaire 2026-2027, Élisée Koffi, cadre originaire de Kpanan, dans la sous-préfecture de Bondo (Gontougo), a pris en charge les frais d’établissement de 200 extraits d’acte de naissance et financé la cantine scolaire de 145 orphelins de la sous-préfecture, qui compte 16 villages.

Une double action destinée à lever les obstacles liés à l’état civil et à soutenir les enfants vulnérables.

POUVOIRS MAGAZINE : Pourquoi avoir financé 200 extraits de naissance et la cantine scolaire de 145 orphelins ?

Élisée Koffi : Bondo compte 16 villages. Beaucoup d’enfants n’ont pas d’extrait d’acte de naissance. Sans ce document, leur parcours scolaire peut être compromis. En tant qu’Ambassadeur de paix de la Fédération pour la paix universelle, je crois que l’éducation est le premier rempart contre les conflits. Un peuple éduqué est mieux armé pour prévenir les crises. C’était donc une action urgente pour permettre à ces enfants de devenir les forces vives de la Nation.

Pourquoi cibler particulièrement les orphelins ?

Parce qu’un enfant est un bien de la communauté. Les 145 orphelins ont besoin de davantage d’attention et de solidarité. Nous voulons leur donner de l’espoir, leur permettre d’étudier dans de meilleures conditions et leur montrer qu’ils ne sont pas seuls.

Au-delà de la solidarité, quel objectif visez-vous ?

Il s’agit aussi d’accompagner l’État dans sa planification. Près de 2 500 enfants scolarisés à Bondo n’ont pas d’acte de naissance. Si l’État ne connaît pas précisément sa population, toutes les projections peuvent être faussées : écoles, infrastructures, investissements.

En régularisant leur situation, nous contribuons à une meilleure identification de la population. Si nous sommes officiellement plus nombreux, l’État pourra mieux apprécier les besoins réels de Bondo.

Cet engagement va-t-il s’inscrire dans la durée ?

Absolument. Ce n’est pas un souhait, c’est un devoir. Tant qu’il y aura une poche de pauvreté, nous devons être présents.

Nous envisageons déjà des projets agricoles et des activités génératrices de revenus pour aller au-delà de l’urgence et accompagner les populations vers l’autonomie. Bondo vient de loin et beaucoup reste à faire. Il faut mobiliser tous les cadres.

Votre action est-elle individuelle ou collective ?

Aujourd’hui, elle est portée par moi, mais je souhaite qu’elle devienne collective. Je salue le nouveau sous-préfet de Bondo, qui a pris à bras-le-corps les défis de la sous-préfecture. D’autres cadres suivront. J’ai également des partenaires extérieurs que je sollicite.

Quel message souhaitez-vous adresser aux populations ?

Aux enfants : restez sages, gardez espoir et ne nous décevez pas. On ne joue pas avec l’éducation.

Aux parents : l’extrait d’acte de naissance est gratuit dans les délais légaux à la naissance. Lorsqu’on attend, les démarches deviennent plus coûteuses et plus difficiles. Faites établir les actes à temps : vous pouvez ainsi contribuer à préserver l’avenir de vos enfants.

Certains voient dans cette action une ambition politique. Qu’en dites-vous ?

Cette question me fait sourire. La politique, c’est la gestion de la cité. Ce sont toutes ces actions qui permettent d’utiliser des ressources, qui sont rares, afin de satisfaire les nombreux besoins de notre communauté.

Cela étant, la vraie politique se pratique chaque jour dans nos maisons, nos quartiers et nos villages. La politique politicienne n’est pas à l’ordre du jour. Le plus urgent, c’est d’aider nos parents à sortir de la précarité.

L’avenir décidera. Député ou pas, maire ou pas, nous avons le devoir d’agir de manière désintéressée.

En définitive, quel est le sens profond de votre engagement ?

La solidarité et la responsabilité. Faire en sorte que chaque enfant ait une existence juridique, mange à sa faim et puisse aller le plus loin possible à l’école.

FATEM CAMARA :::

photo:dr

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