De l’enfant silencieux d’Abobo au virtuose de la kora, Boussou Roland a construit son chemin dans la patience, l’écoute et la fidélité aux racines.
Son récent concert à l’Institut français d’Abidjan a confirmé un talent désormais capable de faire dialoguer les musiques africaines et les grands classiques français.
À Abobo, Boussou Roland a grandi dans une famille modeste, loin des projecteurs. Avant de conquérir progressivement son indépendance.
Enfant d’une nature profondément timide et silencieuse, il ne parlait presque pas durant ses trois premières années de vie. C’est à la maternelle que sa parole s’est ouverte aux autres et que son caractère a commencé à s’affirmer. Il n’était pourtant pas un enfant rêveur. Mais observateur, attentif à cet univers où la musique occupait une place. Son grand frère, excellent percussionniste, jouait du djembé avec talent, et le jeune Roland le suivait partout, fasciné, silencieux. À force de l’observer et de l’imiter, Roland apprend le djembé puis progresse, jusqu’à acquérir une solide maîtrise rythmique.
Sa mère, qui avait elle-même fréquenté un peu la chorale, lui transmet aussi un premier contact domestique avec le chant.
De cette percussion familiale naît ensuite un autre désir : découvrir la kora, instrument qu’il apprivoise avec patience, discipline, sensibilité. Cette trajectoire intime explique peut-être la singularité de son jeu. Une technique sûre, mais surtout une écoute profondément musicale. Au fil des années, Boussou Roland s’est imposé comme un instrumentiste capable de franchir les frontières musicales avec élégance. Son concert à l’Institut français d’Abidjan, le 2 octobre, a confirmé cette maturité devant un public conquis par sa virtuosité.
Dans Olympia, il proposa une rencontre originale entre la kora et pourquoi pas une grande chanson du patrimoine français, réinventées musicalement. L’homme maitrise La Vie en rose d’Édith Piaf, chanson écrite en 1945, devenue ensuite un classique mondial. Autour de lui, des musiciens comme Hermine Siallou, Jean-Marc Kouakou Serge Kouakou Faitêho et d’autres complices enrichissent l’univers sonore. Jean-Marc Kouakou, guitariste, qui avait notamment rendu hommage à Jonathan Butler.
AK
POUVOIRS MAGAZINE

