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On l’a brûlée.

À Ahoutoué, une adolescente de quatorze ans a été grièvement brûlée lors d’un rituel censé établir sa culpabilité.

Une adolescente de quatorze ans a été victime de graves violences après avoir été accusée de sorcellerie par des proches.

Les faits se sont produits à Ahoutoué, localité située à environ dix-sept kilomètres d’Alépé, selon plusieurs sources concordantes.

Orpheline de mère et sans nouvelles de son père, la jeune fille vivait jusque-là chez sa tante maternelle.

Présentant certaines particularités morphologiques et un retard de croissance, elle faisait depuis quelque temps l’objet d’accusations familiales.

Pour tenter de la désenvoûter, sa tante l’aurait conduite auprès d’une guérisseuse du village, présentée comme spécialiste des rituels.

Selon les informations recueillies, un produit inflammable aurait été appliqué sur son corps avant que celui-ci soit volontairement embrasé.

Le prétendu rituel visait, selon les témoignages disponibles, à déterminer si l’adolescente était réellement responsable des malheurs familiaux.

Les cris de la jeune fille n’auraient toutefois pas immédiatement interrompu la cérémonie, malgré ses supplications répétées.

Alertés par la situation, des voisins seraient finalement intervenus pour mettre fin aux sévices et permettre son évacuation.

La victime présentait notamment des brûlures et plusieurs lésions localisées aux fesses ainsi qu’aux hanches, nécessitant une prise médicale.

Le quinze septembre, elle a été retirée de son environnement familial afin de bénéficier d’un accompagnement social et éducatif adapté.

Après évaluation de sa situation, les services sociaux l’ont orientée vers un centre d’accueil relevant du ministère compétent.

Cette prise en charge s’inscrit dans le Programme national de lutte contre les violences basées sur le genre en Côte d’Ivoire.

Le préfet d’Alépé, Takia Félicité Oulla, avait auparavant rendu visite à l’adolescente hospitalisée à l’hôpital général d’Alépé.

Les autorités ont ensuite procédé à l’arrestation de la tante et de son époux, tandis que la guérisseuse reste recherchée.

Cette affaire relance la question de la protection des enfants confrontés aux accusations de sorcellerie et aux violences rituelles.

FATEM CAMARA

photo: DR

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