Une nouvelle intronisation ravive les tensions à Djorogobité 2, où la communauté conteste vivement la désignation d’un prétendant.
La communauté villageoise de Djorogobité 2 conteste l’intronisation d’Ally Atsè Achi Fabrice, présentée comme celle d’un nouveau chef dimanche.
Réunie jeudi 1er octobre 2026, la communauté, représentée par son Doyen d’âge Mambo Yapo, dénonce une démarche jugée contraire localement.
Selon elle, six grandes familles, sages et Doyen d’âge n’auraient pas été consultés avant cette cérémonie contestée publiquement.
La communauté rappelle que Nanan Minkan Assi Joseph demeure chef investi selon les usages et reconnu par arrêté préfectoral.
Elle soutient qu’aucune nouvelle intronisation ne devrait intervenir alors qu’un chef demeure officiellement en fonction actuellement dans le village.
Dans sa déclaration, Mambo Yapo invoque plusieurs textes encadrant la chefferie traditionnelle, notamment la loi ivoirienne de juillet 2014.
Cette loi établit un cadre légal pour les Rois et Chefs traditionnels. Tandis que des textes réglementaires précisent l’organisation institutionnelle.
La communauté cite également une circulaire de 1976, qu’elle présente comme fixant plusieurs conditions relatives à la reconnaissance coutumière.
Elle affirme notamment que la succession doit respecter la rotation familiale, la désignation coutumière et l’existence d’une vacance.
Selon son argumentaire, aucune de ces conditions ne serait réunie pour permettre l’installation d’Ally Atsè Achi Fabrice aujourd’hui.
La communauté affirme que le règlement intérieur prévoit huit années de mandat pour le chef actuellement en fonction.
Elle situe ainsi le mandat de Nanan Minkan Assi Joseph entre juillet 2024 et juillet 2032, sauf vacance prévue.
Sur le plan coutumier, elle affirme que la rotation entre six familles désigne désormais la famille N’Cho comme prochaine bénéficiaire.
Elle précise cependant qu’Ally Atsè Achi Fabrice appartient à la famille Yapi Kindia, excluant sa succession selon cette règle.
Face à cette situation, Mambo Yapo appelle au calme, au dialogue et au respect des textes régissant la chefferie.
La communauté propose enfin un comité représentatif, un audit foncier indépendant et la poursuite des démarches administratives et judiciaires engagées.
ETHAN GNOGBO
POUVOIRS MAGAZINE

