Portrait. ATTE Missidié Bernard, le magistrat dont la mémoire se transmet à Grand-Moriè

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De juge de paix à magistrat hors hiérarchie, ATTE Missidié Bernard aura consacré plusieurs décennies au service de la justice ivoirienne.

Né à Grand-Moriè en 1936, ancien militant de la FEANF et acteur engagé dans la vie de son village. Son parcours judiciaire et son attachement à son terroir ont marqué plusieurs générations.

Aujourd’hui, une compétition sportive organisée en son hommage permet à la jeunesse de Grand-Moriè de faire vivre son nom et sa mémoire.

Un fils de Grand-Moriè devenu magistrat

Il est né le 29 décembre 1936 à Grand-Moriè. Son parcours professionnel s’est construit dans les premières décennies de la Côte d’Ivoire indépendante.

Son itinéraire professionnel s’inscrit principalement dans le monde judiciaire. En 1961, un décret le nomme juge de paix à Tabou, au Tribunal de Tabou. Il porte le n° 6.1531 du 9 novembre 1961.

Cinq ans plus tard, en 1966, Attè poursuit son ascension dans la magistrature. Il devient substitut du procureur près le tribunal de Daloa. Ce, à la suite de l’arrêté n° 473 du 16 novembre 1966.

Son parcours le conduit ensuite au Tribunal de Tiassalé. Il y exerce les fonctions de juge de section à partir de 1971.

En 1980, il accède aux fonctions de conseiller à la Cour d’appel de Bouaké. Sa nomination sera officialisée par le décret n° 86-104 du 12 octobre 1986, avec effet rétroactif au 1er janvier 1980.

Cette progression au sein de la magistrature se poursuit jusqu’à son élévation, en 1995, au grade de magistrat hors hiérarchie groupe B. Avec trois ans d’ancienneté, conformément au décret n° 94-434 du 24 mai 1995.

Une trajectoire judiciaire de plus de trois décennies

De Tabou à Daloa, de Tiassalé à Bouaké, ATTE Missidié Bernard aura ainsi exercé différentes responsabilités au sein de l’appareil judiciaire ivoirien.

Son parcours illustre une longue présence dans la magistrature, depuis ses premières fonctions de juge de paix jusqu’à son accession au grade de magistrat hors hiérarchie.

Cette trajectoire professionnelle explique en partie la place occupée par son nom dans la mémoire locale. À Grand-Moriè, il n’est pas seulement question de retenir le titre ou le grade d’un ancien magistrat. C’est aussi le parcours d’un fils du village, attaché à son terroir et à son histoire, qui est aujourd’hui rappelé aux nouvelles générations.

Un homme également engagé dans son époque

Le parcours d’ATTE Missidié Bernard ne se résume cependant pas à sa carrière judiciaire.

Ancien militant de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), il appartient également à une génération d’étudiants et d’intellectuels africains engagés dans les débats politiques et sociaux de leur époque.

Son parcours est également associé à l’histoire politique ivoirienne, notamment à son passage par Assabou, où il fut prisonnier politique.

Ces éléments donnent à son parcours une dimension qui dépasse le cadre professionnel. Ils permettent de comprendre pourquoi sa mémoire continue d’être évoquée au sein de sa communauté et pourquoi ses proches ont souhaité associer son nom à une initiative destinée à la jeunesse.

De la magistrature au service de la communauté

À Grand-Moriè, la mémoire d’ATTE Missidié Bernard est aussi liée à son implication dans le développement de son village.

Cette dimension locale prend aujourd’hui une forme particulière avec la Coupe Michidjé, une compétition sportive organisée par ses enfants et dédiée à sa mémoire.

Le choix du sport n’est pas anodin. Il permet de faire se rencontrer plusieurs générations autour d’un même nom : celui d’un ancien magistrat, mais aussi celui d’un fils de Grand-Moriè dont le parcours appartient désormais à l’histoire de la communauté.

La première édition de cette compétition s’est achevée le samedi 5 septembre 2026, au stade Ernest Boka de Grand-Moriè, par la victoire de JLO-NGO sur la Nouvelle Génération d’Orou, sur le score de 1 but à 0.

Au-delà du résultat sportif, cette finale a constitué un moment de transmission.

Un nom désormais associé à la jeunesse

À travers cette coupe, le nom d’ATTE Missidié Bernard quitte, en quelque sorte, les seuls registres administratifs et les souvenirs de ceux qui l’ont connu pour entrer dans un nouvel espace : celui de la jeunesse et du sport.

Les enfants du magistrat Ernest, Patrick, Franck, Evelyne ont voulu faire de cette compétition un rendez-vous permettant de rappeler son parcours. Mais aussi son attachement à Grand-Moriè et les valeurs que son itinéraire peut transmettre aux jeunes générations.

La cérémonie de clôture a notamment réuni des membres de la famille, des responsables locaux, des personnalités. De même que les équipes ayant participé à la compétition.

Pour les organisateurs, l’enjeu est donc autant mémoriel que sportif. Faire connaître un parcours et maintenir vivant le lien entre une histoire individuelle et la mémoire collective d’un village.

ALEX KIPRE

POUVOIRS MAGAZINE

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