Il a commencé par scruter les mouvements du littoral ivoirien. Il travaille aujourd’hui avec les cartes numériques, les images satellitaires et la science des données.
Entre ces deux moments, plus de trente années d’enseignement, de recherche et de transmission. Professeur titulaire à l’Université Félix Houphouët-Boigny et secrétaire général adjoint de l’institution, Célestin Asseypo Hauhouot défend une géographie devenue outil d’aide à la décision, au service de l’environnement, de la santé et de l’aménagement des territoires.
Ce géographe cherche à comprendre ce qu’ils (ces territoires) sont en train de devenir.
Chez lui, la carte n’est jamais une simple représentation. Elle raconte une transformation. Une côte qui recule. Une forêt qui disparaît. Une ville qui s’étend. Un territoire qui change sous l’effet du climat, de l’activité humaine ou de la croissance démographique.
Depuis plus de trois décennies, le professeur ivoirien observe ces mutations.
Et il a vu sa discipline changer avec elles.
Du terrain aux satellites
Fils de Hauhouot Asseypo Antoine, Célestin Asseypo Hauhouot commence son parcours universitaire en Côte d’Ivoire. En 1994, il obtient sa maîtrise à l’Université nationale de Côte d’Ivoire. L’année suivante, il poursuit avec un DEA en aménagement des pays tropicaux.
Puis il part en France.
À l’Université de Nantes, il consacre sa thèse à un sujet qui deviendra l’un des fils rouges de son parcours : les dynamiques littorales et les risques naturels côtiers en Côte d’Ivoire.
Nous sommes en 2000.
Dans sa thèse, il analyse et cartographie les transformations du littoral ivoirien. Un travail scientifique, certes, mais qui touche à des questions très concrètes : l’érosion des côtes, la vulnérabilité des populations, l’évolution des paysages et les conséquences des aménagements humains.
Il obtient la mention « très honorable ».
À partir de là, la recherche devient une part essentielle de son identité universitaire.
Une carrière construite dans le temps
La progression sera régulière.
Maître-assistant en 2008, maître de conférences en 2010, professeur titulaire en 2013.
Derrière ces intitulés universitaires, il y a surtout une activité patiente : enseigner, publier, chercher, encadrer.
Le professeur Hauhouot signe de nombreux travaux scientifiques consacrés notamment à la géographie physique, aux espaces littoraux, aux risques naturels et aux techniques de représentation et d’analyse des territoires.
Ses publications paraissent dans des revues francophones et anglophones.
Mais l’une de ses contributions les plus durables est peut-être ailleurs : dans les chercheurs qu’il a accompagnés.
Plus d’une quinzaine de thèses de doctorat ont été encadrées sous sa direction.
Former, pour lui, n’est pas une activité secondaire. C’est une manière de prolonger la recherche.
Une géographie qui change de visage
Pendant longtemps, la géographie a été spontanément associée aux cartes, aux atlas et à l’apprentissage des territoires.
Le métier a changé.
Les cartes sont désormais produites à partir de masses considérables de données. Les satellites permettent d’observer la Terre presque en temps réel. Les logiciels de géomatique rendent possible le croisement d’informations qui, autrefois, étaient étudiées séparément.
Le professeur Hauhouot accompagne cette mutation.
ALEX KIPRE
POUVOIRS MAGAZINE

