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C’est un véritable uppercut géopolitique que cette résolution, votée à 164 voix pour et une voix contre au siège des Nations Unies, à New York, aux États-Unis d’Amérique, ce vendredi 4 septembre, et qui corrige la carte du monde.

 

En présentant désormais l’Afrique à sa taille normale, c’est-à-dire comme le plus grand continent du globe terrestre.

Et ce coup est porté, ironie du sort, par l’un des plus petits États du monde en termes de superficie. Désormais, la projection de Mercator du monde est remplacée par la projection Equal Earth, dite plus réaliste. Cette projection, sans changer la superficie actuelle de l’Afrique, présente les autres continents dans des proportions plus réelles et se garde des perspectives faussement avantageuses d’antan.

Par exemple, le Groenland paraît beaucoup plus petit que l’Afrique, ce qui est plus logique puisque, en réalité, il est 64 fois plus petit.

Au-delà des superficies, ce qui se joue ici est purement géopolitique et engage la perception du monde à travers celle que chaque peuple a de lui-même. En effet, comme le déclare le professeur Robert Dussey : « Une carte n’est jamais neutre ».

La résolution « A/80/L.104 », intitulée « Corriger la carte : rééquilibrer la représentation cartographique mondiale et promouvoir une représentation équitable des régions du monde, en particulier de l’Afrique », constitue un séisme géopolitique puisque, désormais, les écoles, les universités, les médias et les documents officiels montreront une Afrique plus grande.

Cette nouvelle perception changera celle que les peuples se font d’eux-mêmes à travers une meilleure justice cognitive.

Mais les États-Unis ne sont pas dupes.

Ayant compris la portée de ce changement brusque et implacable, ils ont été le seul pays à voter contre.

« Des résolutions comme celle-ci, et l’agenda idéologique qu’elles promeuvent, entravent le travail de cette institution et contribuent à la perte de sa crédibilité », a sèchement réagi la représentante américaine Yaryna Ferencevych dans l’enceinte de l’organisation.

« Plutôt que de se concentrer sur les véritables enjeux de paix internationale, de prospérité ou de bonnes relations entre les pays, cette instance débat de projets cartographiques datant du XVIᵉ siècle », a-t-elle ajouté, pour exhorter les pays à rejeter le texte.

Cet agacement à peine contenu traduit l’inconfort du pays de Donald Trump, ses adversaires, la Chine, la Russie et l’Iran, ayant voté pour.

Enfin, l’ironie voudrait que ce soit un tout petit pays, le Togo, qui porte, au nom du groupe africain, une telle résolution qui fait vaciller une grande puissance.

Cela semble être le retour naturel aux choses : l’Afrique a toujours été un grand continent.

Tama César

POUVOIRS MAGAZINE

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