31 août: BARREAU D’ABIDJAN Maître Binta Bakayoko se souvient

2 semaines

Binta Nany Bakayoko se souvient  ce 31 août 2026 de cette jeune femme qui, au seuil d’une nouvelle vie professionnelle, avançait avec « la boule au ventre » et cette sensation de chaleur qui trahissait l’émotion du moment.

Elle sourit encore en évoquant sa tenue : « J’avais eu la “bonne idée” d’arriver en costume gris, cravate saumon… sur lequel j’ai dû enfiler ma nouvelle toge ! »

Une image légère, presque anecdotique, derrière laquelle se cachait pourtant l’immense enjeu de cette journée. Car, en ce 31 août 2005, elle ne savait pas encore ce que l’avenir lui réservait. « Je n’avais pas une vision claire de ce que je serais 21 ans plus tard. Ni même cinq ans plus tard. »

Elle savait seulement qu’elle venait enfin de conquérir le droit d’exercer ce métier qui la fascinait. Et pour lequel elle avait consenti tant de sacrifices.

« J’avais faim, j’avais soif ; extrêmement faim, extrêmement soif ! Et c’était suffisant », se souvient la future avocate — permettez-moi de dire Maître Binta Nany Bakayoko.

Avec ses frères et sœurs de promotion, elle prêtait serment, portée par une même passion du droit et de la justice.

Sur leur carton d’invitation, une formule latine résonnait comme une promesse :

« Cedant arma togae » — Que les armes cèdent à la toge.

Vingt et un ans ont passé.

La Première Secrétaire de la Conférence du stage est devenue, à trois reprises, membre élue du Conseil de l’Ordre des Avocats. Il y a tout juste un mois, la Médaille d’honneur du Barreau est venue consacrer ce parcours.

Mais au moment de regarder derrière elle, Me Binta Nany Bakayoko ne revendique rien pour elle seule. Elle dit merci : « Envers mes collaborateurs, envers mes confrères, ma famille, et envers Allah, l’Unique, par qui Tout a été possible. »

Détail anodin, presque inaperçu : la famille qu’elle évoque dans ses remerciements se trouve à Sorobango.

Quel lien peut-il bien exister entre une Bakayoko et cette localité située à moins de 20 kilomètres de Bondoukou ?

Seule la Côte d’Ivoire, riche de son brassage ethnique — que dis-je, de sa formidable richesse culturelle — peut répondre à cette question.

Vingt et un ans plus tard, la toge est toujours en mouvement. Et dans ce mouvement, Me Binta Nany Bakayoko et Sorobango ont encore une histoire à raconter et une mémoire à faire vivre.

CoolBee Ouattara
POUVOIRS MAGAZINE

DU MEME SUJET

1er juin: Zoumana Bakayoko, un an auprès d’Hamed

Le 1er juin 2025 disparaissait Zoumana Bakayoko, entrepreneur, député et figure discrète

1er novembre: Abdoulaye Bakayoko, 4 ans

Quatre ans après son départ, collègues, proches et amis se souviennent d’un