Portrait. PHILOMÈNE TIA GLAO : 41 frères et soeurs, déscolarisée, mariée jeune…et pourtant

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Aujourd’hui, elle dirige, investit et emploie ; hier, elle survivait. Entre les deux, une femme a transformé chaque épreuve en capital.

Aujourd’hui, Philomène Tia Glao incarne une réussite économique construite dans l’épreuve, mais son véritable capital demeure la capacité d’avancer.

Son groupe Maindeba s’étend désormais au transport, à l’agriculture, à l’élevage, à l’immobilier et également à l’hôtellerie.

Derrière cette diversification impressionnante se cache une méthode patiemment construite : travailler, épargner, réinvestir, puis recommencer sans jamais céder.

Dans l’Ouest ivoirien, ses activités agricoles, commerciales et pastorales ont progressivement changé son statut, faisant d’elle une entrepreneure reconnue.

Elle n’a pourtant jamais oublié les femmes rurales, dont elle accompagne l’autonomisation à travers la coopérative SCOOP-PAVIT.

Son engagement économique s’accompagne ainsi d’une dimension sociale, matérialisée par des actions communautaires, des infrastructures et différents soutiens locaux.

Mais cette réussite aurait pu disparaître définitivement lorsque la crise ivoirienne de 2002 détruisit une partie importante de son patrimoine.

Son cheptel fut décimé, ses activités bouleversées et l’exil guinéen l’obligea brutalement à reconstruire son existence économique.

De retour à Man, elle recommença presque sans ressources, récupérant même des bouteilles abandonnées afin de générer quelques revenus.

Ce geste, apparemment dérisoire, résume pourtant toute sa philosophie : aucune activité n’est trop petite lorsqu’elle permet de repartir.

Bien avant cette chute, elle avait déjà découvert les vertus du commerce grâce aux produits vivriers et au poisson.

L’agriculture lui permit ensuite d’accumuler son premier capital, jusqu’à transformer une modeste récolte d’arachides en ressources financières.

Avec ses premiers 350 000 francs CFA, elle comprit surtout que l’argent devait circuler, produire, puis revenir davantage.

Cette logique l’amena vers l’élevage bovin, commencé avec vingt-cinq têtes avant de connaître une croissance spectaculaire.

Mais l’entrepreneure existait déjà avant les troupeaux, les entreprises, les investissements et les distinctions qui consacreraient plus tard son parcours.

Enfant, elle vendait produits vivriers et friandises pour soutenir sa mère, découvrant très tôt les contraintes économiques de la survie.

Née dans une famille nombreuse de quarante-deux enfants, elle grandit dans une région rurale où la pauvreté limitait fortement les possibilités.

La scolarisation lui échappa, tandis que les contraintes familiales précipitèrent son entrée dans une existence adulte particulièrement difficile.

Mariée très jeune contre son gré, elle aurait pu subir définitivement son destin ; elle choisit pourtant progressivement de construire.

C’est là que commence véritablement son histoire : dans une enfance pauvre où travailler devint d’abord une nécessité, puis une stratégie.

Philomène Tia Glao ne se présente donc pas comme une exception, mais comme une preuve vivante que recommencer reste possible.

FATEM CAMARA

POUVOIRS MAGAZINE

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