106e minute de la finale de la Coupe du monde de football. Entré en cours de jeu, Nico Williams adresse de la tête une passe en retrait à Ferran Torres, qui ouvre le score et permet à l’équipe d’Espagne d’être sacrée championne du monde 2026.
Avec cette passe décisive, l’ailier de la Roja apporte, sans le vouloir, une réponse éclatante à Mariano Rajoy. L’ancien Premier ministre espagnol, qui s’était fendu, quelques jours plus tôt, d’une déclaration raciste. Affirmant que l’équipe de France ne comptait pas de « Français ».
Cet Espagnol bon teint, c’est-à-dire blanc, se plaignait simplement de la présence majoritaire de joueurs noirs au sein de l’équipe de France.
Mais sait-il seulement que celui qui offre le but victorieux à son pays est lui-même noir. Fils de parents ghanéens venus en Europe à la recherche d’une vie meilleure ?
Monsieur Rajoy sait-il seulement que Nico Williams est né à Pampelune, en Espagne, où il a toujours vécu ?
Que cela n’a pourtant jamais fait de lui « un Blanc ». Mais que cela ne l’a pas empêché de remporter auparavant, avec la Roja, l’Euro 2024, au cours duquel ses performances lui ont valu d’être désigné homme du match ?
Notre natif de Saint-Jacques-de-Compostelle, tout Premier ministre qu’il fut, sait-il seulement que sa ville de naissance fut, à partir de 711 de notre ère, sous domination des Maures ? Et que les Maures étaient des peuples arabo-berbères, et non des peuples blancs ?
Heureusement, ces propos racistes ont été condamnés par une grande partie de la classe politique espagnole, ainsi qu’au-delà des frontières du pays.
La victoire de l’Espagne, rendue possible notamment grâce à Nico Williams. « Un Noir » parmi « les Blancs de Rajoy », renvoie ces discours d’un autre âge à ce qu’ils sont. Des propos qui n’ont plus leur place dans nos sociétés. Et qui ne peuvent qu’accentuer les fractures d’un monde déjà profondément divisé.
Tama Cesar
POUVOIRS MAGAZINE

