La Sénatrice Viviane Zunon Kipré célèbre l’excellence et encourage les bâtisseurs de demain

1 mois

CERAO – Cérémonie des 100 lauréats de la Fondation FHB et du Prix Maître Françoise Kaudjhis-Offoumou

4 juillet 2026, discours de Mme Zunon Kipré

Monseigneur,

Monsieur le représentant de la Fondation Félix Houphouët-Boigny,

Maître Françoise Kaudjhis-Offoumou, dont le parcours honore le Barreau ivoirien et inspire notre jeunesse,

Mesdames et Messieurs les autorités administratives, éducatives et religieuses,

Chers enseignants,

Chers parents,

Et surtout…

Mes très chers enfants et petits enfants.

 

Pardonnez-moi.

 

Aujourd’hui, je vais presque vous oublier.

Parce que cette matinée n’appartient ni aux autorités, ni aux marraines, ni aux invités.

Elle appartient à ces cent jeunes qui nous regardent.

 

C’est avec eux que je voudrais passer les prochaines minutes.

 

Mes chers petits enfants,

Je voudrais commencer par un silence.

Pas un silence vide.

Un silence de respect.

Un silence d’attention.

Regardez-moi.

Et surtout… regardez-vous.

Aujourd’hui, vous êtes cent.

Mais en réalité, vous êtes beaucoup plus que cela.

Vous êtes des promesses.

Des possibles.

Des avenirs encore ouverts.

Je ne suis pas venue vous remettre un prix.

Je suis venue vous remettre une responsabilité.

 

  1. VOUS ET VOTRE AVENIR

Je vais vous poser une question simple.

 

Qui veut devenir Cadre commercial? Devenir écrivain ou journaliste ?

 

Lequel veut devenir officier dans l’armée? Qui parmi vous veut devenir médecin ? devenir restaurateur?

Qui veut devenir avocate ?

Et Qui veut servir son pays ?

Qui veut réussir sa vie ?

J’espère que toutes les mains se sont levées.

Mais je vais vous dire quelque chose de plus important encore.

Ne cherchez pas seulement à réussir.

Cherchez à être utiles.

Parce que le monde n’a pas besoin seulement de brillants élèves.

Il a besoin de personnes solides.

Honnêtes.

Et constantes.

 

  1. D’OÙ JE VIENS

Je vais vous dire qui je suis.

Je suis née à Agboville.

Une ville simple.

Une ville ordinaire.

Mon père est parti très tôt.

Ma mère était sage-femme.

Elle ne nous a pas laissé de fortune.

Elle nous a laissé beaucoup mieux.

Une discipline.

Une dignité.

Et une règle simple :

On peut tout perdre dans la vie… sauf ce que l’on a appris avec sérieux.

 

III. MON PARCOURS

J’ai grandi avec cette idée.

Et j’ai travaillé.

J’ai travaillé dans des institutions où les femmes étaient rares.

Très rares.

À la BCEAO, j’ai été la première femme cadre.

Je savais que je ne pouvais pas être moyenne.

Je devais être irréprochable.

Parce qu’une femme visible doit toujours être deux fois plus rigoureuse.

 

On m’a retiré une bourse.

J’avais déjà des enfants.

Beaucoup auraient arrêté.

Je suis retournée à l’école.

Parce que j’ai compris quelque chose.

Un diplôme peut être suspendu.

Une fonction peut être perdue.

Mais le savoir, lui, reste à jamais.

 

  1. CE QUE LA VIE M’A APPRIS

On dit souvent que j’ai eu de la chance.

Oui.

Mais la chance ne visite pas les maisons fermées.

La chance ne visite pas les gens couchés. Elle préfère les gens déjà debout.

 

Voici ce que la vie m’a appris :

Le talent impressionne un instant, le travail rassure toute une vie.

 

Les diplômes ouvrent les portes.

Le caractère les maintient ouvertes.

On peut vous retirer un poste.

Mais personne ne peut vous retirer votre savoir.

Vous n’êtes pas en compétition avec les autres.

Vous êtes en compétition avec vous-mêmes.

 

Et votre plus grand ennemi n’est pas l’échec…

c’est la facilité.

 

  1. MA FOI

J’ai été durant de longues années présidente de la Fondation Jean-Paul II.

Et je crois profondément en Dieu.

Mais je crois aussi à une chose très simple.

Dieu bénit les mains qui travaillent.

Il n’aide pas ceux qui abandonnent.

Il accompagne ceux qui persévèrent.

 

  1. CE QUE VOUS ÊTES

Mes chers petits-enfants,

Vous êtes cent aujourd’hui.

Mais je ne vois pas cent élèves.

Je vois un futur médecin qui sauvera des vies,  une future avocate qui défendra la justice., un futur ingénieur qui construira des ponts.

Je vois un futur enseignant qui formera des générations. Et Je vois un futur entrepreneur qui créera des emplois, je vois peut-être un futur Président de la République.

Et je ne connais pas encore vos noms.

Mais Dieu les connaît déjà.

 

VII. MAITRE FRANÇOISE KAUJDHIS-OFFOUMOU

Je voudrais saluer Maître Françoise Kaudjhis-Offoumou.

Son parcours est un exemple.

Mais je vais vous dire quelque chose de plus important.

Ne cherchez pas seulement à lui ressembler.

Cherchez à la dépasser.

C’est cela, le vrai hommage.

 

VIII. MON SOUHAIT LE PLUS PROFOND

Toute ma vie, j’ai été appelée « première femme ».

Première femme cadre, Première femme dirigeante, Première femme dans plusieurs fonctions.

Mais je vous souhaite une chose.

Je vous souhaite une génération où l’on ne dira plus « première femme ».

Je vous souhaite une génération où l’on dira simplement :

les meilleurs d’entre vous.

 

 

  1. TESTAMENT À LA JEUNESSE

Dans quelques années, je ne serai peut-être plus là.

C’est la loi de la vie.

Mais vous, vous serez là.

Vous ferez tourner ce pays.

Vous prendrez des décisions, élèverez vos enfants, écrirez l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Alors je vous demande une chose.

Une seule.

Lorsque vous serez tentés de tricher…

souvenez-vous de cette journée.

Lorsque vous serez tentés d’abandonner…

souvenez-vous de cette journée.

Lorsque vous serez tentés de choisir la facilité…

souvenez-vous de cette journée.

Et dites-vous simplement :

je peux faire mieux.

 

 

  1. DERNIÈRE PAROLE

Je ne vous demande pas d’être célèbres.

Je vous demande d’être utiles.

Parce que la célébrité parle de vous.

Mais l’utilité change la vie des autres.

Mes chers petits-enfants,

Lorsque vous quitterez cette salle aujourd’hui…

ne dites pas :

« Nous avons rencontré une marraine. »

Dites plutôt :

« Une femme nous a demandé de devenir meilleurs qu’elle. »

Et si, dans vingt ans, vous êtes meilleurs que nous…

alors ne dites pas :

“Nous avons réussi.”

Dites simplement :

“Nous avons tenu nos promesses.”

Mais on ne sait jamais: si vous devez oublier tout ce que j’ai dit aujourd’hui…

retenez seulement ceci :

Travaillez si bien qu’on n’ait rien à vous reprocher.

Et votre avenir changera de visage.

 

Je vous remercie.

Et Dieu le tout puissant vous attend.

Dans l’avenir.

À votre place.

 

VENERABLE VIVIANE ZUNON KIPRE

photo;ft

POUVOIRS MAGAZINE

OPINIONS

DU MEME SUJET

Baccalauréat: 29 morts dans un lycée

Le lycée Barthélémy Boganda s’est transformé en champ de bataille. Pas d’armes,

Perturbations scolaires : la date de reprise des cours

Avant-hier, sur le campus, il était habillé de rouge soit en Tee-shirt,