Une note de convivialité, un clin d’œil aux traditions ivoiriennes, puis le retour aux choses sérieuses.
À l’ouverture de la deuxième édition du Programme de renforcement de la gouvernance et de la gestion des Établissements publics nationaux (PRGG-EPN), la ministre du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, Professeure Mariatou Koné, a dévoilé une ambitieuse feuille de route. Destinée à faire des EPN des instruments modernes, performants et redevables. Plus tard dans l’après-midi, elle a reçu en audience une délégation de l’Institut national des administrateurs de Côte d’Ivoire (INAD-CI). Délégation conduite par sa présidente du Conseil d’administration, Mme Viviane Zunon-Kipré, afin de consolider ce partenariat stratégique.
L’œuvre d’art venait à peine de lui être remise que la salle basculait dans une atmosphère de franche convivialité. Offert par le peintre ivoirien Ephrem Kouakou, dont les toiles explorent avec finesse la spiritualité, le patrimoine et la mémoire africaine, le tableau inspira à la ministre une parenthèse inattendue.
Anthropologue de formation, Mariatou Koné convoqua alors l’alliance à plaisanterie, cette institution sociale qui nourrit depuis des siècles la cohésion entre les peuples ivoiriens. Avec humour, elle invita l’assistance à reconnaître la supposée supériorité des Sénoufos sur les Gouros. Le conférencier inaugural, l’ancien ministre français Yves Jégo, crut un instant entendre le mot « gourou ». Déclenchant un éclat de rire général. Le quiproquo fut rapidement dissipé. Donnant à la cérémonie une chaleur humaine rarement observée lors d’une rencontre administrative.
Mais la ministre revint aussitôt à l’essentiel.
Face aux présidents de Conseils de gestion, aux directeurs généraux des Établissements publics nationaux et aux partenaires institutionnels, elle présenta la nouvelle doctrine gouvernementale applicable aux EPN. Pour elle, ces établissements ne peuvent plus être de simples structures administratives vivant des ressources publiques. Ils doivent devenir de véritables instruments de performance, capables d’améliorer durablement la qualité des services rendus aux populations.
La feuille de route qu’elle dévoile repose sur cinq chantiers majeurs : l’actualisation du cadre législatif, le renforcement de la gouvernance, la professionnalisation des organes dirigeants, la contractualisation des objectifs entre l’État et les établissements ainsi que l’accélération de leur transformation numérique grâce au déploiement progressif de la plateforme E-EPN.
« Il importe de renforcer la cohérence, la performance et l’impact de l’action publique au service des citoyens », a-t-elle déclaré, en insistant sur la nécessité d’installer une véritable culture du résultat dans l’administration.
S’adressant directement aux responsables des établissements, la ministre a lancé un appel à l’exemplarité.
« L’État de Côte d’Ivoire vous fait confiance », a-t-elle affirmé, rappelant que cette confiance impose une gestion rigoureuse des deniers publics, une gouvernance irréprochable et une obligation permanente de résultats.
Cette ambition gouvernementale trouve un relais auprès de l’Institut national des administrateurs de Côte d’Ivoire. Plus tôt dans la journée, la présidente de son Conseil d’administration, Mme Viviane Zunon-Kipré, avait salué la vision portée par la ministre, estimant que la modernisation des EPN passe avant tout par la montée en compétence de leurs dirigeants.
Cette convergence de vues s’est prolongée dans l’après-midi. À 15 heures, Mariatou Koné a reçu en audience une délégation de l’INAD-CI conduite par Mme Viviane Zunon-Kipré. Cette rencontre a permis de réaffirmer la volonté commune de renforcer durablement la formation des administrateurs. Et des dirigeants publics afin d’accompagner les profondes mutations engagées au sein des Établissements publics nationaux
FATEM CAMARA
photo:dr
POUVOIRS MAGAZINE

